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veiez partout des groupes d’ngrénhlcs nmsards, viveurs gais et affaldes ipii dépensentinsoucieusement leurs heures dans les cafés, et qui vous feront accepter do forcela cruche de bière et le petit verre de l’hospitalité. Dans la plupart des ménages,où chacun cuit son pain et sa pâtisserie, il y a toujours une part de ces choses quine se mange pas dans la maison. On a des parents, des voisins, des amis, et laménagère ne revient pas du four sans porter un galette ou un morceau de flan àune amie ou à sa voisine. Un vieux militaire, qui s’était promené pendant vingt clun ans d’étapes en étapes, m’a dit avoir remarqué que c’était en bourgogne seule-ment que le militaire, logé chez le bourgeois, y avait (pâtis le déjeuner et souventle dîner. Dans chaque ménage, il y a, autant que possible, un lit uniquement des-tiné aux soldats en passage.
Mais un exemple tout récent d’hospitalité, et que j’ai gardé pour le dernier, estcelui que vient de donner un de nos compatriotes, dont le grand nom se retrou-vera tout à l’heure pour clore la liste des personnages illustres de notre pays. Pen-dant les terribles inondations 1 qui viennent de ravager une partie de la France ,aux environs de Mâcon, non loin de la Saône , dont les immenses eaux roulaientau Rhône des toits, des maisons et des moitiés de villages, un château venait d'ou-vrir scs portes aux victimes, et cent malheureux y furent, pendant lotit le tempsdu désastre, logés, nourris et soignés par son infatigable propriétaire. O châteaude Saint-Point, une grande bénédiction du ciel a dû descendre sur ton noble poète !
Maintenant, pour justifier, s’il en est besoin, la qualification de laborieux, quiest vraie aussi pour le Bourguignon, en dépit des flâneurs hospitaliers dont jeviens de vous parler, il suffirait de citer l’exemple d’une certaine duchesse, Mariede Bourgogne , qui avait fait pratiquer sur le devant de sa selle une échancrure danslaquelle elle faisait tenir sa quenouille, afin de pouvoir Hier pendant le tempsqu’elle était obligée de rester h cheval. lit toutes ces bonnes femmes qui, aujour-d’hui encore, et en continuation sans doute de ccs excursions laborieuses de l’an-cienne duchesse, se rendent au marché, une aiguille, un fuseau ou un tricot a lamain !.... est-ce chez un peuple qui n’aurait pas grandement l’instinct du travailqu’on pourrait trouver de pareils exemples?
Il est ordinaire que chacun soit amoureux de son pays, et se plaise a le voir,par-dessus tous les autres, riche en vertus, en civilisation et en grands hommes. De cecôté, je suis assez cosmopolite ; j’aime 11 e départir que son dû h chaque chose. Etcependant vous allez m’entendre prodiguer toutes sortes d’épithètes louangeusesii la Bourgogne ... Que voulez-vous? ce n’est pas ma faute. Sérieusement, 011 pourrait
1 Depuis ces récents malheurs, la plupart des écrivains qui s’occupent d’histoire se sont mis à feuilleterles journaux et les livres, afin de pouvoir citer les époques marquées déjà plus ou moins par des fataliléspareilles ; mais ils n’ont pas fouillé assez loin. Sous le règne de Contran, environ vers l’an o7G, la Saône etle Rlidne se gonflèrent et débordèrent avec une violence telle que les murs et les maisons croulaient, dis-paraissaient et roulaient en débris dans les vagues furieuses. Chatons souffrit considérablement, Lyon eutdes quartiers entièrement ruinés et emportés du sol... N'est-ce pas l'histoire de ce qui vient de se passer ?Ne dirait-on pas que le ciel prend parfois la terrible précaution de rappeler aux hommes qu’il y a dans lanature des catastrophes formidables, d'irremédiables et fatals ébranlements'.’