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Province. Tome second.
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LE BOURGUIGNON.

jour du mariage, quand le jeune couple revient de la messe, et rentre au logis con-jugal, on jette sur lui a poignées, on fait pleuvoir de toutes les fenêtres de petitslégumes secs, pois, haricots, etc. Si le mariage est riche, on remplace les légumespar des anis, de petites dragées, et autres choses semblables. Les parents des mariés,qui se chargent de cette bizarre espièglerie, y voient sans doute l’image des biens etbonheurs qu’ils désirent faire descendre et pleuvoir sur la tête des jeunes épouseurs.A ces derniers seuls de savoir si et comment la prévision se justifie !

Dans le Morvan, les noces de village sont assaisonnées de circonstances bizarres,de coutumes particulières, et conservées presque intactes à travers bien des siècles.A la première visite du jeune à marier chez celle qu’il a choisie, il regarde ce quise passe autour de lui dès son arrivée. Si l’on trace des croix dans les cendres avec lespincettes, c’est de mauvais augure ; si à son départ on dresse en l’air les tisons dufeu, c’est un congé : cela signilie de ne pas revenir. Mais, au contraire, s’il estagréé, un repas se prépare; a la Dn, le jeune homme remplit son verre à pleinsbords, il boit, puis il le passe a la jeune fille à moitié bu. Qu’elle consente a boire,qu’elle mette le verre à sec, oh ! il est heureux, il est aimé ! Elle devient sa fiancée,il la prend sur ses genoux et l’inonde de caresses et de chauds propos d’amourPuis les jours se passent, les préparatifs se font; la noce, composée des parents,amis et connaissances des deux familles, se rassemble; la mariée fait nouer et dé-nouer sa jarretière par tous les hommes de la fête ; musique en tête, on se rend ala messe, où l’on regarde celui des deux cierges qui brûle le plus vite, pour savoirpar l'a celui des époux qui vivra le moins ; de l’église on va au cabaret, où la stationest toujours bruyante; du cabaret on revient a la maison ; on s’attable, on mange,on boit, on chante... pendant que les mariés disparaissent (bonne nuit, Dieu lesgarde!); après quoi la noce Va jusqu’au jour prolonger les danses et les libationsdans la grange. Ces détails 11’ont-ils pas un caractère original?

La veille de Noël , dans toutes les familles, on fait pisser laisûche. Tout le mondeconnaît cette coutume, et sait que la bûche (ou sûche) est le fournisseur de bonbonsdes enfants, dans les sabots desquels on en met, et a qui l’on fait croire que c’estNoël qui les a descendus par la cheminée... lorsqu’ils ont été sages. Pendant cetemps-fa, les jeunes gens et les grand’-mères se rendent à la messe de minuit,chacun portant une chandelle bariolée de rouge, vert ou jaune, qui ne sert abso-lument que pour cette messe, et qu’on appelle 'a cause de cela chandelle de Noël . Auretour, on prolonge la veillée pour manger le boudin et la carbonnade : c’est fairerossiçpion.

Dans plusieurs endroits, à partir de ce jour jusqu’au jour de l’an, les principauxinstrumentistes, maîtres joueurs, meneurs de bals, et autres, se réunissent pargroupes, et, se disséminant de porte en porte, vont donner des aubades aux princi-paux personnages. Quand le charivari est fini, ils se mettent tous a crier, du dehorsau dedans : « Bonjour, monsieur un tel, madame une telle, mademoiselle une telle,et toute voire aimable compagnie! » La veille du jour de l’an, ils ajoutent leurssouhaits de bonne année, et le lendemain on les entend avant l’aube qui rôdent 'avotre porte, et demandent, 'a grands cris d’instruments, leurs étrennes; on les leur