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LE POITEVIN.
et s’écrie: « Y a-t-il quatre cents hommes assez braves pour venir mourir avec moi'!'— Oui! oui! monsieur le marquis! répondent les gens de la paroisse desÉchau-broignes. Les Mayençais sont battus : on en tua cinq cents. Le lendemain, Lescureet Charette vont à la rencontre de Beysser, qui mettait tout à feu et a sang à Mon-laigu, ils trouvent ses soldats pillant, brûlant, ivres-morts; ils les passent au fil del’épée, et l’on ne rallie qu’à Nantes deux mille trois cents hommes de cette arméeflorissante et victorieuse.
Des trois armées qui avaient pénétré dans la Vendée , deux étaient détruites, latroisième était à Saint-Fulgent. Les paysans attaquent Mieskouski la nuit et le bat-tent; tous les bagages et les redoutables obusiers furent pris. Un Suisse royalistejouait par dérision l’air Ça ira pendant la déroute; un boulet emporte son cheval,il se relève en continuant la mesure. En si peu de temps, les Vendéens, ces paysanssans solde et sans discipline, avaient repoussé six armées composées des meilleurestroupes de la république.
Mais ici commencent les revers de ce qu’on a appelé la grande-Vendée. Charettese sépare de la grande armée; ce fut la perte de ces malheureuses provinces. Léchellearrive, réorganise les armées battues, reçoit du renfort, et les dirige sur Châtillon.Cinq mille Vendéens, abandonnés, découragés, sont culbutés au Moulin aux Chèvres.Les bleus prennent Châtillon. La haute Vendée , menacée de Toutes parts, envoieprier M. Charette : il demeure inflexible. Les paysans, désespérés, se portent surChâtillon en petit nombre, mais la rage dans le cœur. Bonchamps et Larocheja-quelein étaient blessés, on voyait à la tête des colonnes des officiers qui pouvaientà peine se tenir à cheval. Le choc est horrible ; les bleus sont battus et dispersés ;Châtillon est repris. Mais après la déroute, Westermann prend cent hussards, centgrenadiers en croupe, rentre la nuit a Châtillon, répond au qui vive royaliste, tombesur les soldats endormis, tue, pille, brûle, et quatre heures lui suffisent pour joncherla ville de cadavres et de débris. Les Vendéens le poursuivirent inutilement. Le 20septembre la Convention décréta que la Vendée devait être exterminée avant la findu mois d’octobre.
Charette demeurant dans le repos, Léchelle se porte en masse sur Chollet. Les-cure s’avance a la Tremblaie; les Mayençais font une charge : ses soldats plient, ils’écrie : « En avant! » et s’élance à toute bride. Une balle le frappe au front, il tombeblessé à mort : cette nouvelle se répand, et la bataille est perdue. Les représentantsécrivent encore que la Vendée est détruite; mais, le -16 octobre, les Vendéens repa-raissent sous les murs de Chollet et présentent la bataille; elle fut sanglante. LesMayençais s’avancent à la baïonnette, les Vendéens soutiennent à deux reprises cetassaut formidable; pour la première fois, ils marchent en colonne serrée, et rejettentl’ennemi jusque dans les faubourgs de Chollet; mais la cavalerie se déchaîne sureux : d’Elbée, Bonchamps, Henri, cinquante officiers désespérés, se précipitent enescadron serré et laissent partout une trouée sanglante. D’Elbée et Bonchamps tombentfrappés à mort; on les arrache de la mêlée : la victoire est aux bleus, qui se retirentà Chollet, le brûlent et y font leurs horreurs accoutumées ; mais cet affreux systèmed’incendies ne faisait que décupler la rage et la force des Vendéens.