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Province. Tome second.
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à la baïonnette ; le bataillon le vengeur est taillé en pièces, la cavalerie seule sesauve. De celte brave armée, si longtemps l’écueil des Vendéens, il échappa 'a peineseize cenls hommes : l’artillerie et les munitions demeurèrent au vainqueur. Enmôme temps Charelte prenait Challans dans le bas Poitou, et battait une arméeentière.

Cette victoire de Chantonay épouvante la Convention, à qui l’on annonçait depuissi longtemps la ruine des insurgés : on lui parlait d’un reste de six mille banditsmal armés, et les rapports de la défaite révèlent une armée de trente mille hommes.Barrère s’écrie h la tribune que l’inexplicable Vendée existe encore, la Vendée ,chancre politique qui dévore le sein de la république. Il y a dans les expressions etdans les idées des analogies rigoureuses: les hommes qui concevaient l’exterminationen masse et le culte de la raison, devaient s’exprimer ainsi dans une tribune pu-blique. Mayence et Valenciennes venaient de capituler, défendues par dix-huit millehommes d’élite ; cette capitulation portait que ces excellentes troupes ne pourraientservir contre les alliés jusqu’à la paix. On avait négligé d’y comprendre les Ven-déens ; et, certes, les Vendéens aussi étaient des alliés de la cause du Roi. La Con-vention fait partir ces troupes en poste. Le tocsin sonne autour de la Vendée , unelevée en masse s’organise dans les départements voisins; ou arrête à Saumur unplan de campagne. L’armée de Mayence, réunie à l’armée des côtes de Brest, allaitbalayer tout le bas Poitou et se porter ensuite au cœur du pays; l’armée des Côtesde La Rochelle devait s’avancer jusqu’à sa jonction avec l’aile droite de l’armée desCôtes de Brest; la division Chalbos marchait à la Châtaigueraye, la division de Rev-it Bressuire, la division Duhoux occupait le Pont-Bafré, le général en chef restait àDoué : ainsi cent quarante mille hommes de troupes supérieures allaient écraser à lafois la Vendée ; déjà les Mayençais s’avançaient, portant devant eux l’épouvante.Nous allons voir par quel effort sublime la Vendée soutint le choc de cette coalitionterrible.

M. de Lescure part de Saint-Sauveur avec deux mille hommes, et emporte Par-thenay l’épée à la main. Le 4 septembre, Boncbamp bat les bleus b Erigué, et lesrepousse jusqu’au delà de la Loire . Trente-deux mille gardes nationaux s’assemblentà Thouars pour seconder les troupes républicaines ; Lescure marche sur eux avecdix-huit cents hommes, reprend le pont de Yriue, et disperse cette multitude.Sauterre s’avauce à Coron ; il est enveloppé, s’enfuit à toute bride, et perd troismille hommes. Il se destitua lui-même et repartit pour ses faubourgs, ce généralde guillotine qui ne savait lever sou sabre que pour faire tomber la hache dubourreau, et qui ne paraît que deux fois dans l’histoire : la première pour défendreun échafaud, la seconde pour donner son nom à une déroute. On appela la bataillede Coron : la déroule de Sanlerre.

Presque en même temps, le général Duhoux est battu à Saint-Lambert par sonneveu, officier vendéen, et d’Elbée, le même jour, détruit une division républicaineà Beaulieu. Beysser entre dans la Vendée aussitôt que les Mayençais. Charetle, oucette occasion décisive, se réunit à la haute Veudée. Les Vendéens se troublent aupremier feu de cette armée aguerrie; M. de Lescure met pied à terre, prend un fusil,f. il. 49