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M. le comte Roger de Damas l’avait précédé de douze heures.S. A. R. a trouvé les troupes et les habitans réunis dans unsentiment commun de dévouement et de fidélité, dont elle areçu les témoignages les plus éclataus.
Une lettre adressée au Gouvernement, en date de Gap le5 au soir, annonce que Bonaparte était ce même soir à Poët,à deux lieues de Sisteron . Sa troupe continuait à se diminuersur sa route, de soldats restant et surpris dans les villages.Le mavéchal-de-camp Rostolant, commandant le département,avait réuni les différentes brigades de la gendarmerie à la pe-tite garnison de Gap, et les avait disposées de manière à agirde coucert avec la garnison d’Embrun .
Une dépêche télégraphique reçue ce matin, datée de Lyon à huit heures et demie, annonce que Bonaparte a dû coucherà Bourgoing hier 9, et qu'on s’attendait à ce qu’il pourraitentrer à Lyon daus la soirée du 10.
Le lieutenant-général comte Marchand, commandant la1ère subdivision de la 7e division militaire, écrit de Grenoble ,au ministre de la guerre, en date du 5 Mars, qu’à la premièrenouvelle du débarquement de Bonaparte , il a rassemblé chezlui les officiers généraux et supérieurs de la garnison pourleur faire part de cette nouvelle : tons les officiers sont animésdu meilleur esprit, et l’on peut compter entièrement sur eux.Les soldats entendront aiusi qu’eux la voix de l’honneur etdu devoir....Le lieutenant-général Mouton-Duvernet venaitde passer à Grenoble, se rendant dans les Hautes-Alpes .M. le lieutenant-général Marchand attendait ses rapportspour agir. Le Gouvernement, ajoute-t-il, peut compter quenous sommes tous pénétrés de l’importance d’un pareil événe-ment, et que nous ferons tous notre devoir.
Le même lieutenant-général comte Marchand écrit en datedu 7, qu’il est instruit de l’arrivée de Bonaparte près de Gap .Il a réuni toutes les forces dont il pouvait disposer à Grenoble ,pour conserver au Roi le précieux dépôt que cette ville ren-ferme. Le lieutenant-général Mouton-Duvernet s’estdirigé sur Valence. Tonies les troupes qui étaient disponi-bles à Chambéry ont reçu ordre de se rendre à Grenoble ,ainsi que deux cents hussards de Vienne. Une proclamationadressée aux troupes a produit le meilleur effet sur l’esprit dusoldat et des habitans.
Une lettre du lieutenant-général Mouton-Duvernet, datée