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«voient déjà excité les mêmes scènes; quelques pièces d’ar-tillerie qui se trouvaient abandonnées, étaient, par les ordresdu préfet, emmenées par des chevaux de réquisition: la po-pulace s’est jetée sur ces pièces avec fureur, et les a préci-pitées dans la Saône . Le préfet n’ayant point de troupes àopposer à cette multitude égarée, s’est retiré à Autun .
Les mêmes événemens se sont passés à Dijon , au mêmemoment, et toujours par le» mêmes moyens insurrectionnels.M. Terray, préfet du département de la Côte-d’Or , dont lesdispositions avaient hâté le départ des troupes qui étaient àDijon et qui s’étaient déjà dirigées contre Bonaparte , s’esttrouvé sans secours, hors d’état de résister à la sédition, ets’est rendu à Châtiilon-sur-Seine.
Nous répétons que les dernières classes du peuple ontseules pris part à ces actes criminels. Ils ont porté la terreuret la désolation dans l'âme de tous les propriétaires, qui sonten ce moment victimes d’une affreuse anarchie; il§ voient,prêt à se réorganiser contre eux, ces mesures de violence et despoliation, ces actes oppressifs et. tyranniques de la législationrévolutionnaire; ils se voient une seconde fois en butte auxfureurs démagogiques, et demandent à grands cris l’appui dela force publique, et des secours qui fassent rentrer dans ledevoir une populace mutinée, rétablissent promptement l’ordreet le respect des lois.
Bonaparte , pour étendre l’insurrection, a fait répandre lebruit de sa marche à Troyes , où il a demandé 10 mille rations,et même à Provins . Le sous-préfet de cette ville en a renducompte à M. le préfet de l’Aube . Toutes les mesures ont étéconcertées pour garantir ce département.
Des lettres de Lyon annonçent qu’aussitôt qu’il a été in-struit de la marche du maréchal Ney, Bonaparte a retiré pré-cipitamment ses avant-postes des environs de Mâcon et lesavait fait replier sur Lyon , Le mouvement du maréchal Neyse dirigeait sur Bourg. Le maréchal est en marche à la têted’un corps d’environ dix mille hommes de troupes de ligne etde gardes nationales régulièrement formées dans les places dela Franche-Comté ; ces troupes sont animées d’un esprit ex-cellent, de celte énergie et de courage que le maréchal Ney nepouvait manquer de leur communiquer.
Les mêmes lettres font connaître que la plus grande partiedu 13e régiment de dragons, qui, un instant avait été entraînépar les séductions de. l’ennemi, avait senti toute l’horreur desa position, et que, préférant même la punition lu plus sévèreau nom de traîtres armés contre lu patrie, ils s’étaient rangésdu côté du maréchal Ney, qui les avait reçus comme deshommes un moment égarés, auxquels un sincère repentir mé-rite de l’iudulgence.
Ce dernier événement a fait la plus vive impression sur la