Buch 
[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
Entstehung
Seite
39
JPEG-Download
 

39

( PRÉFECTURE DE POUCE.

On se rappelle qu’un sieur de Mauhrenil, ci-devant attachéà la cour de Westphalie , en qualité de chambellan, fut arrêtéau mois d’Avril, dernier, pour avoir volé à main armée, prèsde Montereau, les diamans de la reine de Westphalie ; livréaux tribunaux avec ses complices, il avait été incarcéré avecbeaucoup d’éclat et y attendait l’instruction publique et lejugement. Par un ordre secret du dernier gouvernement, ila été mis en liberté avant-hier 19 Mars .

Le nommé Stevenot, connu par ses brigandages et les atro-cités qu’il a commises dans les départemens de l’ouest, avaitété il y a quelques semaines arrêté en vertu d’ordre* de l’au-cien gouvernement, donnés avec nue sorte de solennité.C’était au moment où, sous le nom de légion royale, il cher-chait à embaucher des assassins. Cet ancien facteur de lapetite poste avait obtenu dans l’ouest le grade de colonel, etil était décoré de la croix de Saint-Louis. Peu après son ar-restation, les journaux le signalèrent comme un évadé dubagne de Brest , où il avait été envoyé par jugement, du moisde Novembre 1792» pour avoir volé de l’argent, des armes etdes objets précieux, et pour avoir brisé des scellés. Le der-nier gouvernement vient aussi de le mettre secrètement en li-berté dans la nuit du 19 au 20 Mars.

23 Mars, 1815.

Paris, le 2-2 Mars .

L’empereur instruit que le peuple en France avait perdutous ses droits acquis par vingt-cinq années de combats et devictoires, et que l’armée était attaquée dans sa gloire, résolutde faire changer cet état de choses, de rétablir le trône impé-rial qui seul pouvait garantir les droits de la nation, et de fairedisparaître ce trône royal que le peuple avait proscrit commene garantissant que les intérêts d'un petit nombre d’individus.

Le 2G Février, à cinq heures du soir, il s'embarqua surun brick portant 20 canons, avec 400 hommes de sa garde.Trois autres bâtimens qui se trouvaient dans le port, et quifurent saisis, reçurent 200 hommes d’infanterie, 100 chevau-lt-gers polonais, et le bataillon des^flanqm urs de 200 hommes.Le vent étoit du sud et paraissait favorable. Le capitaineChautard avait espoir qu'avamt la pointe du jour, l’ile deCapraïu serait doublée, et qu’on serait hors des croisièresfrançaises et anglaises qui observaient de ce côté. Cet espoirfût déçu. On avait à peine doublé le eau Saint-André de l’îled’Elbe, que le vent mollit, la mer devint calme ; à la pointedu jour, on n’avait fait que six lieues, et l’on était encore en-tre l’île de Capraïa et l’ile d’Elbe, en vue des croisières.

Le péril paraissait imminent. Plusieurs marins étaientd’opinion de retourner à Porto-Ferraio. L’empeieur ordonna