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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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Une compagnie de sapeur-.

Une compagnie de mineur---, en tout 7 à 800 hommes. Ilenvoya son officier d'ordonnance, le chef d'escadron Ronl,pour faire connaître à ces troupes la nouvelle de son arrivée ;usais cet officier ne pouvait se faire entendre : ou lui opposaittoujours la défense qui avait été faite de communiquer. L’em-pereur mit pied à terre et alla droit au bataillon, suivi de lagarde portant l’arme sous le bras. Il se lit reconnaître et dit,que le premier soldat qui voudrait tuer son empereur le pou-vait; le cri unanime de vive l'empereur ! fut leur réponse. Cebrave régiment avait été sous les ordres de l’empereur dès se»premières campagnes d’Italie . La garde et les s( Idats s’em-brassèrent. Les soldats du 5e arrachèrent sur-le-champ leurcocarde et piirent avec enthousiasme et la larme à l’œil, lacocarde tricolore. Lorsqu’ils furent rangés en bataille, l’em-pereur leur dit: “Je viens avec une poignée de braves, parceque je compte sur le peuple et sur vous ; le trône des Bour-bons est illégitime, puisqu’il n’a pas été élevé par la nation ; ilest contraire à la volonté nationale, puisqu’il est contraire auxintérêts de notre pays, et qu’il n’existe que dans l'intérêts dequelques familles.— Demandez ô vos pères: interrogez tousces habitans qui arrivent ici des environs; vous apprendrez deleur propre bouche ta véritable situation des choses: ils sontmenacés du retour des dixmes, des privilèges, des droits féo-daux et de tous les abus dont vos succès les avaient délivrés ;il’ est-il pas vrai, paysans ?”—“ Oui, Sire,” répondent-ils tousd’un cri unanime, “ on voulait nous attacher à la terre. Vousvenez, comme l’ange du Seigneur, pour nous sauver!”

Les braves du bataillon du 5e demandèrent à mar«her despremiers sur la division qui couvrait Grenoble . On se mit enmarche au milieu de la foule d’habitans qui s’augmentait àchaque instant. Vizille se distingua par son enthousiasme.

C’est ici qu’est née la révolution, disaient ces braves geus !c’est nous qui les premiers avons osé réclamer les privilèges deshommes ; c’est encore ici que ressuscite la liberté française , etque la France recouvre son honneur et son indépendance !”

Quelque fatigué que fût l’empereur, il voulut entrer lesoir même dans Grenoble. Entre Vizille et Grenoble , lejeune adjudant major du 7e de ligne, vint annoncer que lecolonel Labedoyère , profondément navré du déshonneur quicouvrait la France et déterminé par les plus nobles seutimens,s’était détaché (le la division de Grenoble et venait avec lerégiment au pas accéléré, à la rencontre de l’empereur. Unedemi-heure après, ce brave régiment vint doubler la force destroupes impériales : à neuf heures du soir, l’empereur fit sonentrée dans le faubourg de ....

Ou avait fait rentrer les troupes dans Grenoble et les portesde la ville étaient fermées. Les remparts qui devaient dé-