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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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fendre cette ville étaient couverts par le 3e régiment du génie,composé de 2000 sapeurs, tous vieux soldats couverts d’hono-rables blessures ; par le 4e d’artillerie de ligne, ce même régi-ment où 25 ans auparavant l’empereur avait été fait capitaine;par les deux autres bataillons du 5e de ligue, par le lie deiigne et les fidèles hussards du 4e.

La garde nationale et la population entière de Grenoble était placée derrière la garnison et tous faisaient retentir l’airdes cris de vive /’Empereur ! On enfonça les portes, et à dixheures du soir l’empereur entra dans Grenoble au milieu d’unearmée et d’un peuple animés du plus vif enthousiasme !

Le lendemain, l’empereur fut harangué par la municipalitéet par toutes les autorités départementales. Les discours deschefs mili'.aires et ceux des magistrats étaient unanimes. Tousdisaient que des piinces imposés par une force étrangèren’étaient pas des princes légitimes, et qu’on n’etait tenu àaucun engagement envers des princes dont la nation ne voulaitpas.

A deux heures l’empereur passa la revue de ces troupes aumilieu de la population de tout le département, aux cris:A bas les Bourbons, à bas les ennemis du peuple, vive l’empe-reur et un. gouvernement de notre choix ! La garnison deGrenoble , immédiatement après, se mit en marche forcéepour se porter sur Lyon .

Une remarque qui n’a pas échappé aux observateurs, c’estqu’en un cliu-d’oeil ces COOO hommes se trouvèrent parés dela cocarde nationale, et chacun d’une cocarde vieille et usée,car eu quittant leur cocadre tricolore, ils l’avaient cachée aufond de leur sac. Pas une ne fut achetée au petit Grenoble .C’est la meme, disaient-ils en passant devant l’Empereur,c’est la même que nous portions à Austerlitz ! Celle-ci,disaient d autres, nous l’avions à Marengo !

Le 9, l’empereur coucha à Bourgoin . La foule et l’enthou-siasme allaient, s’il était possible, en augmentant. “Il y along-tems que nous tous attendions, disaient tous ces bravesgens à l’empereur. Vous voilà enfin arrivé pour délivrer laElance de l’insolence de la noblesse, des piétentions desprêtres et de la honte du joug de l’étranger.” De Grenoble àLyon, la marche de l’empereur ne fut qu’un triomphe ! L’em-pereur, fatigué, était dans sa calèche, allant toujours au pas,environné d’une foule de paysans chantant des chansons quiexprimaient toute la noblesse des senti mens des braves- Dau-phinois, “ Ah! dit l’empereur, je retrouve ici les seutimensqui, il y a vingt -ans, me tirent saluer la f rance du nom de lagrande nation 1 . Oui, vous etes encore la grande nation, etvous le serez toujours!”

Cependant le comte d’Artois, le duc d’Orléun, et plusieursmaréchaux étaieut arri.és à Lyon ! L’argent avait été pre»

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