Buch 
[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
Entstehung
Seite
73
JPEG-Download
 

73

les habitans étaient généralement bien disposés, il pénétra àBlaye le 29 à neuf heures du soir.

Les portes lui furent ouvertes au nom de l’empereur; lajoie éclata dans le peuple et dans la garnison ; les couleursnationales furent arborées partout le 30 au matin. Pendant lanuit, des officiers intelligens avaient été dépêchés à Bor-deaux .

Le colonel Georges du 62e, commandant les troupes deBlaye , avait par toute sa conduite mérité toujours les plusgrands éloges, et n’avait pas laissé entrer dans la place celuiqu’on avait nommé pour le remplacer.

Cent cinquante hommes de la garnison de Blaye se déta-chèrent pour venir à Saint-André de Cubsac au-devant dugénéral Clausel.

Déjà les nouvelles de Blaye avaient engagé les volontairesbordelais qui occupaient la rive droite de la Dordogne à sereplier sur la rive gauche.

Arrivé à Saint-André-de-Cubsac, le général Clausel y trouvale détachement de la garnison de Blaye .

Il l’envoya à Cubsac, avec l’ordre de s’emparer du pontvolant qui se trouvait plus près de la rive gauche que de larive droite: sur celle-ci étaient les volontaires de Bordeaux ,qui voulurent s’opposer aux dispositions ordonnées par le gé-néral Clausel, ils tirèrent quelques coups de canon, dont toutle résultat fut d’endommager quelques maisons de Cubsac.

N’ayant pu éviter le commencement d’hostilités, le généralClausel voulut au moins les faire promptement cesser : ilinvita l’officier commandant la troupe bordelaise à venir luiparler.

Celui-ci, M. de Martignac, lui parut un homme de sens etde mérite, ami de son pays, et qui lui fit connaître que lesBordelais n’avaient pris la résolution désespérée de résisterque sur les craintes qu’on avait cherché à leur donner, et lesvengeances qu’on leur avait annoncées.

Le général Clausel le désabusa sur tous les points, lui fitconnaître les intentions bienfaisantes de l’empereur, lui donnatous les détails des événemens, qu’il ne connaissait que d’unemanière imparfaite ; M. de Martignac lui promit de les com-muniquer à ses concitoyens.

Deux pièces d’artillerie venues de Blaye avaient été établiespar le général Clausel sur la rive droite de la Dordogne .

Les Bordelais avaient quitté la rive gauche ; desdispositionsfurent faites pour le passage et pour pouvoir traverser prompte-ment Ventre deux mers, et se présenter sur la rive droite de laGaronne en face de Bordeaux .

Bordeaux avait rappelé tous ses détachemens, s’était ren-forcé ne la garnison de Libourne , et avait retenu constamment»a propre garnison dans l’intérieur.

1 .