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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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leur faveur comme princes, dans ceux mêmes assurés par leslois aux simples citoyens, que devait faire Napoléon ?

Devait-il après avoir enduré tant d'offenses, supporté tantd'injustices, consentira la violation complète des eugagemenspris avec lui, et se résignant personnellement au sort qu’on luipréparait, abandonner encore son épouse, son (iis, sa famille,ses serviteurs fidèles à leur affreuse destinée?

Une telle résolution semble au-dessus des forces humaines;et pourtant Napoléon aurait pu la prendre si la paix, le bon-heur de la b'rance eussent été le prix rie ce nouveau sacrifice.Il se serait encore dévoué pour le peuple français, duquel, ainsiqu’il veut le déclarer à l’Europe , il se fait gloire de tout tenir,auquel il veut tout rapporter, a qui seul il veut répondre de sesaction-, et dévouer sa vie.

C’e-t pour la France seule et pour lui éviter les malheursd’une guerre intestine qu’il abdiqua la couronne en 1814. 11

rendit au peuple français les droits qu’il tenait de lui; il lelaissa libre de se choisir nu nouveau maître, et de fonder suliberté et son bonheur sur des institutions protectrices de l’unet de l'antre.

Il espérait pour la nation la conservation de tout ce qu’ilavait acquis par 95 années de combats et de gloire, l’exer-cice de sa souveraineté dans le choix d’une dynastie et dansla stipulation des conditions auxquelles elle serait appelée àrégner.

Il attendait du nouveau gouvernement, le respect pour lagloire des armées, les droits des braves, la garantie de tous lesintérêts nouveaux, de ces intérêts nés et maintenus depuisun quart de siècle, résultant de toutes les lois politiques etciviles, observées, révérées depuis ce teins, parce qu’elles sontidentifiées avec les mœurs, les habitudes, les besoins de lanation. Loin de là, toute idée de la souveraineté du peuplea été écartée.

Le principe sur lequel a reposé toute la législation politiqueet civile depuis la révolution a été écarté également.

La Fiance a é'é traitée par les Bom bons comme un pays ré-volté, reconquis par les armes de ses anciens maîtres, et asserviede nouveau à une domination féodale .

Loui—Stanislas-Xavier a méconnu le traité qui seul avaitrendu le trône de France vacant, et l’abdication qui seule luipermettait d’y monter.

Il a prétendu avoir régné 19 ans; insultant ainsi et les gou-vernemens établis depuis ce teins, et le peuple qui les a consa-crés par ses suffrages, et l’armée qui les a défendus, et jus-qu’aux souverains qui les ont reconnus dans leurs nombreuxtraités.

Une charte rédigée par le sénat, toute imparfaite qu’elle fût,a été mise en oubli.