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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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I

Et cependant, replacé à la tête de la nation qui l'avaitdéjà choisi trois fois, qui vient de le désigner une quatrièmefois par l'accueil qu’elle lui a fait, dans sa marche et sonarrivée, rapides et triomphales ; de cette nation par laquelleet pour l’intérêt de laquelle il veut régner, que veut Napo-léon ?

Ce que veut le peuple français: l’indépendance de la France ,la paix intérieure, la paix avec tous les peuples, l’exécution duTraité de Paris du 30 Mai, 1814.

Qu’y a-t-il donc désormais de changé dans l’état de l’Eu-rope et dans l’espoir du repos qui lui était promis ? Quellevoix s’élève pour demander ces secours qui, suivant la dé-claration, ne doivent être donnés qu’autant qu’ils seront ré-clamés ?

Il n’y a rien de changé : si les puissances alliées revien-nent, comme on doit l’attendre d’elles, à des sentimeus justes,modérés ; si elles reconnaissent que l’existence de la France dans un état respectable et indépendant, aussi éloigné deconquérir que d’être conquise, de dominer que d’être asservie,est nécessaire à la balance des grands royaumes, comme à lagarantie des petits états.

II n’y a rien de changé: si respectant les droits d’une grandenation qui veut respecter les droits de toutes les autres, qui,fière et généreuse, a été abaissée mais ne fut jamais avilie, onlui laisse reprendre un monarque et se donner une constitutionet des lois qui conviennent à ses mœurs, à ses intérêts, à seshabitudes, à ses besoins nouveaux.

Il n’y a rien de changé : si, n’essayant, pas de contraindre laFrance à reprendre avec une dynastie dont elle 11 e peut plusvouloir, les chaînes féodales qu’elle a brisées, à se soumettre àdes prestations seigneuriales ou ecclésiastiques dont elle estaffranchie, on ne veut pas lui imposer des lois, s’immiscer dansdans ses affaires intérieures, lui assigner une forme de gou-vernement, lui donner des maîtres au gré des intérêts ou despassions de ses voisins.

Il n’y a rien de changé ; si, quand la France est occupée depréparer le nouveau pacte social qui garantira la liberté deses citoyens, le triomphe des idées généreuses qui dominenten Europe et qui ne peuvent plus y être étouffées, on 11 e laforce pas de se distraire pour combattre, de ces pacifiquespensées et des moyens de prospérité intérieure auxquels lepeuple et sou chef veulent se consacrer dans un heureux ac-cord.

Il u?y a rien de changé: si, quand le nation française ne de-mande qu’à lester en paix avec l’Europe entière, une injustecoalition ne la force pas de défendre, comme elle l’a fuit en1792, su volonté et scs droits, et son indépendance, et le sou-verain de son choix.