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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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gères, vous lui ferez connaître que l’empereur n’a rien de plus àcœur que le maintien de la paix ; que S. M. a renoncé aux pro-jets de grandeur qu’elle pouvait avoir antérieurement conçus, etque le système de son cabinet, comme l’ensemble de la directiondes affaires en France , est dans un tout autre principe.

Je ne doute pas, Monsieur, que vous ne regardiez comme undevoir de faire connaître aux Français qui sont auprès de vous laposition nouvelle de la France et celle oïl, d’après nos lois, ils setrouvent placés eux-mêmes.

(Signé) Caulaincourt, duc de Vicence .

No. II.

Lettre autographe de S. M. l’empereur aux souverains.

Monsieur mon frère, vous aurez appris, dans le cours dumois dernier, mon retour sur les côtes de France , mon entréeà Paris , et le départ de la famille des Bourbons. La véritablenature de ce s événemens doit maintenant être connue de VotreMajesté. Ils sont l’ouvrage d’une irrésistible puissance, l’ou-vrage de la volonté unanime d’une grande nation qui connaîtses devoirs et ses droits. La dynastie, que la force avait rendueau peuple français , n'était plus faite pour lui: les Bourbonsn’ont voulu s’associer ni à ses seutimeus ni à scs mœurs: laFrance a dû se séparer d’eux. Sa voix appelait un libérateur:l’attente qui m’avait décidé au plus grand des sacrifices avaitété trompée. Je suis venu, et du point où j’ai touché lerivage, l’amour de mes peuples m’a porté jusqu’au sein de macapitale. Le premier besoin de mon cœur est de payer tantd’affection par le maintien d’une honorable tranquillité. Lerétablissement du trône impérial était nécessaire au bonheurdes Français . Ma plus douce pensée est de le rendre enmême tenis utile à raffermissement du repos de l’Europe .Assez de gloire a illustré tour-à-tour les drapeaux des diversesnations ; les vicissitudes du sort ont assez fait succéder degrands revers à de grands succès. Une plus belle arène estaujourd'hui ouverte aux souverains, et je suis le premier à ydescendre. Après avoir présenté au monde le spectacle degrands combats, il sera plus doux de ne connaître désormaisd’autre rivalité que celle des avantages de la paix, d’autrelutte que la lutte sainte de la félicité des peuples. La France se plaît à proclamer avec franchise ce noble but de to îs sesvœux. Jalouse de son indépendance, le principe invariablede sa politique sera le respect le plus absolu pour -l’indépen-dance des autres nations : si tels sont, comme j’en ai l’heureuseconfiance, les sentimens personnels de Votre Majesté, lecalme général est assuré pour long-teuis ; et la justice, assiseaux contins des divers états, suffira seule pour en garder lesfrontières.

Je saisis avec empressement, etc. etc. etc.

Paris , le 4 Avril, 1815.