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No. ni.
Lettre adressée par le ministre des affaires étrangères de France aux ministres des affaires étrangères des principaux cabinetsde l’Europe .
Monsieur,
L’espoir qui avait porté S. M. l’empereur, mon augustesouverain, au plus magnanime des sacrifices, n’a point étérempli. La France n’a point reçu le prix du dévouement desou monarque: ses espérances ont été douloureusement trom-pées. Après quelques mois d’une pénible contrainte, ses sen-timens, concentrés à regret, viennent de se manifester avecéclat. Par un mouvement universel et spontané, elle a in-voqué pour libérateur celui de qui seul elle peut attendre lagarantie de ses libertés et de son indépendance. L’empereur aparu, le trône royal est tombé, et la famille des Bourbons aquitté notre territoire sans qu’une goutte de sang ait étéversée pour sa défense. C’est sur les bras de ses peuples queS. M. a traversé la France , depuis le point de la côte où elle ad’abord touché le sol, jusqu'au milieu de sa capitale, jusqu’ausein de ce château rempli encore, comme tous les cœurs fran-çais , de nos plus chers souvenirs. Aucun obstacle n’a sus-pendu la marche de S. M.; au moment où elle a remis le piedsur le territoire français , elle avait déjà ressaisi les rênes de sonempire. A peine son premier règne semble-t-il avoir été unmoment interrompu. Toutes les passions généreuses, toutesles pensées libérales se sont ralliées autour d’elle: jamaisnation ne présenta le spectacle d’une plus solennelle unani-mité.
Le bruit de ce grand événement aura, Monsieur, déjà retentijusqu’à vous. Je suis chargé de vous l’annoncer au nom del’empereur, et de prier V. Exc. de porter cette déclaration àla connaissance de votre cabinet.
Ce second avènement de l’empereur à la couronne deFrance est pour lui le plus beau de ses triomphes. S. M.s'honore surtout de le devoir uniquement à l’amour du peuplefrançais, et elle ne forme qu’un désir, c’est de payer tant d’af-fection, non plus par. les trophées d'une trop infructueusegrandeur, mais par tons les avantages d’une heureuse tran-quillité. C’est ;i la durée de la paix que tient l’accomplisse-ment des plus nobles vœux de l’empereur. Disposée à res-pecter les droits des autres nations, S. M. a la douce confiance(j,ue ceux de lu nation française sont au-dessns de toute at-teinte. La conservation de ce précieux dépôt est le premiercomme le plus cher de ses devoirs. Le calme dn monde estpour long-tems assuré, si les autres souverains 6’attaehent