157
6 Mai, 1815.
MINISTÈRE DE LA GUERRE.
Le ministre de la guerre à MM. les préfets, sous-préfets etmaires de l’empire.
Monsieur,
Si nous sommes obligés de reprendre les armes pour défendrenotre indépendance et nos foyers, quelle cause plus juste etplus sainte dut jamais inspirer des efforts plus unanimes etplus énergiques?
C’est la cause d’un grand peuple qui veut être libre et maîtrechez lui, contre une ligue passionnée qui prétend lui dicterdes lois déshonoiantes.
Du succès de cette lutte dépend l’existence même de laFrance. La France doit déployer pour sa défense toutes lesressources que peuvent lui offrir la nature, l’art, le génie et lecourage de ses habitans.
L’empereur est au milieu de nous: l’heureuse révolutionqui nous l’a rendu a doublé nos forcejp a completté nos rangs,a ranimé dans nos cœurs toutes nos espérances.
A la première violation de nos frontières l'empereur sera à latête de ses bataillons victorieux, et l’Europe reconnoîtra ennous la race des braves.
Mais pendant qu’il combattra pour l’honneur et l’intégritéde l’empire, il doit compter sur la coopération de tous lesFrançais .
C’est à chaque autorité, à chaque citoyen, à seconder en toutsens, et par tous les genres de résistance partielle, le grandmouvement que son génie imprimera aux masses dont le succèsdevient alors infaillible et assure notre salut.
Que chacun soit donc prêt, et contribue de tous ses moyensà repousser toute atteinte à l’honneur national, toute tentatived’envahissement.
Personne de vous n’ignore aujourd’hui que la France , loyale-ment défendue sur tons les points de son territoire, aurait été,en 1814, le tombeau de ses dévastateurs.
Ils ne sont redoutables que pour ceux qui se laissent effrayerpar des menaces que ne pourrait suivre, la plupart du tems,aucun moyen d’exécution.
Si des forces plus réelles pénètrent dans quelques-unsde nos départemens, que des obstacles de toute espèce semultiplient sur leur passage ; que leurs convois, leurs dé-tachemens soient détruits ou arrêtés dans leur marche ; quedes correspondances actives soient entretenues partout; queles chefs militaires reçoivent promptement les moindres avis!
Que les habitans des campagnes disputent eux-mêmes lesdéfilés,les bois, les marais, les gorges,les chemins creux! Cette