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est le salut, l’autre est l’écueil même. La juste mesure à ob*»server dans cette situation est celle qui dirige le gouverne-ment; il y a pour lui une appréciation de services véritables,rendus à la patrie, qu’il ne veut jamais perdre de vue, etqu’on ne peut lui faire oublier. Ce sentiment tiendra con-stamment le gouvernement en garde contre les passions quiveulent se substituer à la raison. Il promet protection contrela calomnie et la diffamation, aux fonctionnaires probes etéclairés qu’il voit dans des tenu orageux, remplir leur devoiravec honneur et fidélité. 11 ne laissera point accuser et tra-vestir devant lui comme défaut de patriotisme, la justice et lamodération des administrateurs estimables; ces vertus vérita-bles sont de tous les tems, même les plus diffici(es; la justiceet la modération sont loin d’exclure la force et l’énergie, ellessont la seule garantie du triomphe de la liberté.
2 Juin, 1815.
Jamais fête plus nationale, jamais spectacle plus imposantet plus touchant à-la-fois n’a frappé les regards du peuplefrançais , que l’assemblée du Champ-de-Mai. Tout ce quisaisit et élève l’âme, les prières de la religion, le pacte d’un"grand peuple avec son monarque, la France représentée parl’élite de ses citoyens, cultivateurs, négocians, magistrats,guerriers, rassemblés autour du trône, une immense popula-tion couvrant le Champ-de-Mars et s’unissant par ses vœuxaux grands objets de cette magnifique cérémonie, tout exci-tait l’enthousiasme le plus vif, dont les époques les plus mé-morables nous aient laissé le souvenir.
Nous ne ferons pas aujourd’hui la description détaillée desconstructions qui avaient été ordonnées pour cette solennité,Nous nous bornerons à en indiquer les dispositions générales.Le trône de l’empereur s’élevait en avant du bâtiment del’école-militaire et au centre d’une vaste enceinte demi-circu-laire dont les deux tiers formaient à droite et à gauche degrands amphithéâtres où 15 mille personnes étaient assises.L’autre tiers eu face du trône était ouvert. Un autel s’élevaitau milieu ; au-delà et à environ cent toises, s’élevait un autretrône isolé, qui dominait tout le Champ-de-Mars.
L’empereur rendu au Champ-de-Mars avec le cortège, dontl’ordre a été publié, a paru sur son trône au bruit des accla-mations universelles. La messe a été célébrée par Mgr. l’ar-chevêque de Tours, qu’assistaient S. £iu. Mgr. le cardinal deBayanue, et quatre autres évêques.
La messe étant dite, MM. les membres de la députationcentrale des collèges électoraux delà France se sont avancésau pied du trône, dont ils ont monté l'escalier pour voir de
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