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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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plus près l’empereur et pour être mieux vus de lui ; ils étaientau nombre d’environ cinq cents ; ils ont été présentés à S. M.par S. A. S. le prince archi-chancelier de l’empire. Alors, l'undes membres de la députation a prononcé d’une voix forte etanimée l’adresse suivante au nom du peuple français .

“ Sire,

“ Le peuple français vous avait décerné la couronne, vousl’avez déposée sans son aveu ; ses suffrages viennent de vousimposer le devoir de la reprendre.

“Un contrat nouveau s’est formé entre la nation et V. M.

“ Rassemblés de tous les points de l’empire, autour destables de la loi, où nous venons inscrire le vœu du peuple, cevœu, seule source légitime du pouvoir, il nous est impossiblede ne pus faire retentir la voix de la France , dont nous sommesles organes immédiats, dette pas dire, en présence de l’Eu-rope , au chef auguste de la nation, ce qu’elle attend de lui, .cequ’il doit attendre d’elle.

“ Nos paroles seront graves comme les circonstances qui lesinspirent.

“ Que veut la ligue des rois alliés avec cet appareil deguerre dont elle épouvante l’Europe et afflige l’humanité ?

“ Par quel acte, par quelle violation avons-nous provoquéleur vengeance, motivé leur agression ?

“ Avons-nous, depuis la paix, essayé de leur donner deslois? Nous voulons seulement faire et suivre celles qui s’adap-tent à nos mœurs.

“ Nous ne voulons point du chef que veulent pour nous nosennemis, et nous voulons celui dont ils ne veulent pas.

“ Ils osent vous proscrire personnellement, vous, Sire, qui,maître tant de fois de leurs capitales, les avez raffermis géné-reusement sur leurs trônes ébranlés! Cette haine de nos en-nemis ajoute à notre amour [tour vous. On proscrirait lemoins connu de nos citoyens que nous devrions le défendreavec la même énergie : il serait, comme vous, sous l’égide dela loi et de la puissance français .

“ On nous menace d'une invasion ! et cependant resserrésdans des frontières que la nature ne nous a point imposées,que long-tetns et avant votre règne, la victoire et la paixmême avaient reculées, nous n’avons point franchi cetteétroite enceinte, par respect pour les traités que vous n’avezpoint signés et que vous avez offert de respecter.

“ Ne demande-t-on que des garanties? Elles sont toutesdans nos institutions et dans la volonté du peuple français uniedésormais à la vôtre.

“ Ne craint-on pas de nous rappeler des teins, un état dechoses naguères si différent et qui pourrait encore se repro-duire !