195
présentans croira marcher vers le même but, en travaillantsans relâche au pacte dont le perfectionnement doit cimenterencore l’union du peuple et du trône, et fortifier aux yeux del'Europe , par l’amélioration de nos institutions, la garantiede nos engagemens. ”
(Signé) Lanjuinais, président.
Bedoch, J. Domoiard, Ch . L. Clément(du Doubs ), sécretaires.
S. M. a répondu :
“ Monsieur le président et Messieurs les députés de la“ chambre des représentai!s,
“ Je retrouve avec satisfaction mes propres sentimens dansceux que vous m’exprimez. Dans ces graves circonstances,ma pensée est absorbée par la guerre imminente au succès delaquelle sont attachés l’indépendance et l’honneur de laFrance .
“ Je partirai cette nuit pour me rendre à la tête de mes ar-mées, les mouvemens des différens corps ennemis y rendentma présence indispensable. Pendant mon absence, je verraisavec plaisir qu’une commission nommée par chaque chambreméditât sur nos constitutions.
“ La constitution est notre point de ralliement ; elle doitêtre notre étoile polaire dans ces momens d’orage. Tonte dis-cussion publique qui tendrait à diminuer directement ou indi-rectement la confiance qu’on doit avoir dans ses dispositions,serait un malheur pour l’Etat; nous nous trouverions au mi-lieu des écueils, sans boussole et sans direction. La crise oùnous sommes engagés est forte. N’imitons pas l’exemple duBas-Empire qui, pressé de tous côtés par les barbares, se ren-dit la risée de la postérité en s’occupant de discussions abs-traites, au moment où le bélier brisait les portes de la ville.
“ Indépendamment des mesures législatives qu’exigent lescirconstances de l’intérieur, vous jugerez peut-être utile devous occuper des lois organiques destinées à faire marcher laconstitution. Elles peuvent être l’objet de vos travaux pu-blics sans avoir aucun inconvénient.
“ Monsieur le président et Messieurs les députés de lachambre des représentans, les sentimens exprimés dans votreadresse me démontrent assez rattachement de la chambre àma personne et tout le patriotisme dont elle est animée. Danstoutes les affaires, ma marche sera toujours droite et ferme.Aidez-moi à sauver la patrie. Premier représentant du peuple,j’ai contracté l’obligation que je renouvelle, d’employer dansdes tems pius tranquilles toutes les prérogatives de la cou-ronne et le peu d’expérience que j’ai acquis à vous seconderdans l’amélioration de la constitution.
C C 2