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accompagnée dans son émigration se trouvaient en contradictionavec les intérêts évidens de la masse du peuple; lorsque tant devictoires remportées depuis vingt-cinq ans ne pouvaient plus êtrepour nos braves que des titres de disgrâce et d'humiliation ; lors-que la résurrection de tant de privilèges surannés replongeaientla nation dans les turpitudes du régime monastique et féodal;lorsque les préjugés dont cette même famille restait imprégnée,sans espoir d’amendement, se trouvaient si peu en harmonie avecles lumières du siècle ?
Maintenant, Messieurs, abandonnerons-nous encore les desti-nées de notre belle patrie à ces irréconciliables ennemis de toutesles pensées libérales 1 Confierons-nous notre existence et l’hon-neur national à leurs promesses tant de fois mensongères'? Li-vrerons-nous à leur animosité celui qui est venu nous affranchirdes honteux instrumens de l'oppression britannique ? et pensez-vous que ses anciens frères d’arines, les vainqueurs de Marcngo,d’Austerlitz etd’Jéna, abandonneront lâchement le restaurateurde leur gloire? Non, Messieurs, quels qu'aient été nos sentimensdivers sur les principes de la liberté, sur les degrés de latitudedont elle est susceptible, tous se rallieront au drapeau tricolore,tous céderont au sentiment de la reconnaissance pour celui queses malheurs ont instruit, pour celui qui seul pouvait réparer lesnôtres.
Sa Majesté, éclairée par les événemens passés, est revenue lecœur plein du désir et de l’espoir de conserver la paix an-dehorset de pouvoir gouverner paternellement; mais les puissancesétrangères sont loin de partager ces sentimens généreux: sus-citées par les intrigues de la famille prétendante et par l’or desAnglais , leur ligue formidable menace hautement notre indé-pendance : elle ne dissimule plus ses projets de démembrerl’empire ; déjà elle embrasse nos frontières, déjà les hostilitéssont commencées.
Ce n’est donc plus le teins des demi-mesures ; tout le restepeut s’ajourner ; mais le besoin d’éviter un joug ignominieuxne s’ajourne pas; le besoin de défendre l’intégrité du territoirene donne lieu à aucune hésitation.
Si l’empereur était moins sûr de la force de son caractère etde la pureté de ses résolutiont, il pourrait se regarder peut-êtrecomme placé entre deux écueils, les partisans de la dynastie.dépossédée, et ceux du système républicain : mais les premiersn’ayant pas su conserver ce qu’ils tenaient, sauront encore bienmoins le ressaisir; les autres, désabusés par une longue expé-rience, et liés par gratitude au prince qui les a délivrés, enhont devenus les plus zélés défenseurs; leur franchise, aussiconnue que le fut leur exaltation philantropique, environne ceIrène occupé par l’auguste fondateur d’une dynastie nouvellequi se fait gloire d’être sorti de nos rangs populaires.
Le désir de satisfaire à la juste impatience de la nation, a