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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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saient Sur le peuple et étouffaient les efforts de l’industrie.Notre révolution tant calomniée a pu seule briser tous ces ob-stacles, et rétablir l’agriculteur, le manufacturier, le commerçantau degré de considération que méritent leurs utiles travaux.

Comparez, Messieurs, l’état des arts avant la révolution à cequ’ils sont aujourd’hui, et vous serez étonnés du degré de per-fection où ils sont parvenus. Jadis tributaires de l’étrangerpour la plupart de nos produits, étrangers à presque tous lesmarchés de l'Europe , pour l’infériorité de notre fabrication, nouspouvons aujourd’hui concourir avec avantage avec les pays oùles arts sont les plus parfaits.

Le peu de terns que l’Angleterre jalouse nous a laissé pourfaire connaître nos produits, l’a convaincue de notre supérioritédans presque tous les genres d’industrie : et, ne nous y trom-pons pas, Messieurs, c’est pour nous replonger dans l’état de dé-pendance où elle nous avait laissés en 1789, c’est pour conserverle monopole du commerce, qu’elle cherche à susciter une guerreinjuste dont tous les fléaux retomberont sur elle.

La seule crainte de la guerre influe déjà singulièrement sur lesort de nos fabriques; elles ne travaillent guères que pour laconsommation intérieure qui, daus des teins de crise, diminuemême sensiblement.

Tout ce que peut faire l’administration en ce moment, c’estde conserver ce qui est acquis, et de préparer des améliorationspour l’avenir. Dans le système d’amélioration que suit le gou-vernement, il s’est proposé de procurer à la France les branchesd’industrie qui nous manquent, et de perfectionner celles quenous possédons : de ce nombre sont la fabrication des aciers fon-dus, la filature du coton dans les numéros les plus élevés, leperfectionnement des mécaniques propres à filer le lin, le cliau-vre et la laine ; l’amélioration et la simplicité dans la constructiondes machines à vapeur, la fabrication des aiguilles à coudre,etc.

Des préjugés avaient fait regarder la fabrication du sucre debetterave comme l’une de ces productions qui, si elles donnent desrésultats de quelqu’intérét pour la science, n’en ont aucun pour lecommerce ; aujourd’hui il n’existe plus de doute sur les avan-tages qu’elle procure. Depuis l’ouverture de nos ports et l’ex-trême réduction des droits sur l’importation du sucre de canne,plusieurs élabiisseniens se sont avantageusement soutenus, et lufabrication, qui se perfectionne tous les jours, ne permet pas dedouter que cette branche d’industrie, qui présente de si grandsavantages pour l’agriculture,' ne s’établisse d’une manière stable,et n’aftVanchisse bientôt, pour cet objet, l’Europe du Nouveau-Monde. Il en est de même de l’indigo-pastel, dont lu fabrica-tion n'est pas aussi avancée, mais dont néaumoiots il y a des éta-blissemeus qui ont résisté à la concurrence de l'indigo des Indes.