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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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Cultes.

Le clergé ayant été, sous le gouvernement royal, mis dansune situation qui l’exposait à dévier de tous les principes, lesémigrés se flattaient de parvenir à dépouiller les propriétairesdes biens nationaux, quoique les ventes eussent été ordonnéespar une longue suite de lois, quoique ces lois fussent du temsde Louis XVI et sanctionnées par lui ; mais bientôt il avaitété déro.gé sur des points iinportans, ce qui donnait une sorted’assurance que l’ancienne législation serait successivementdétruite.

Avec ce point d’appui, les émigrés regardèrent comme leurprincipal moyen celui de présenter les acquéreurs de biensnationaux comme des spoliateurs, et de chercher sous ce rap-port à troubler les consciences: ce moyen dépendait princi-palement de la part que le clergé voudrait y prendre; les curéset les desservaus ont été circonvenus par les promesses les plusflatteuses.

On a cherché surtout à leur persuader que la rentrée duclergé dans ses biens serait la suite du succès des émigrés :malheureusement un grand nombre de prêtres ont cru à cenouvel ordre de choses, et ont méconnu la règle de conscienceconfirmée par les déclarations mêmes du pape, portant queles acquéreurs ne devaient point être troublés dans leurspropriétés; ils ont été séduits par la perspective de leur an-cienne richesse.

Les principes religieux n’ont pu les contenir; ils ont été en-traînés par la plus perfide impulsion ; ils n’ont point réfléchiqu’ils allaient encourir la haine de tous les paroissiens proprié-taires, par eux-mêmes ou par leur famille, de biens nationaux :ils se sont trouvés ainsi engagés à prendre une part active etcoupable au mouvement politique ; mais bientôt ils sont venus,à ce titre, odieux non-seulement aux acquéreurs de biens na-tionaux, mais encore à tous les militaires que le sentiment dela gloire tenait toujours attachés à l’empereur. Cependantceux qui sacrifiaient ainsi le clergé n’obtenaient rien pour luidu gouvernement royal, et sa position, loin de s’améliorer,devenait de plus en plus fâcheuse. Non-seulement les des-servans n’ont reçu de ce gouvernement aucune augmentation■de traitement, mais encore les communes indisposées, ontcessé d’accorder des suppléniens dont ils ont le plus grand"besoin. Un décret du 15 Mars, 1814 avait attribué une in-demnité de 150 fr. par an au desservant qui, à défaut de•prêtre, faisait le service dans deux paroisses : cette indemnitéa été portée, par une ordonnance du 6 Novembre suivant, àHOO francs; et c’est la seule occasion où le gouvernement royalse soit occupé du traitement du clergé; mais aucune partie depe supplément n’était encore acquittée au retour de S. M. qui,