Buch 
[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
Entstehung
Seite
212
JPEG-Download
 

212

céda ce traité, ayant livré aux puissances coalisées les cin-quante-trois places que tenaient encore les troupes françaises au-delà de ces limites, dans lesquelles se trouvait un matérielimmense d’artillerie qu’on abandonnait sans compensation ;les ennemis ont dû nous considérer, non-seulement commehors d’état de faire la guerre, mais encore de repousser lamoindre attaque.

Cependant, quoiqu’ils eussent enlevé toute l’artillerie qu’ilsavaient trouvée à LaFère, Avesne, à Belfort , et dans quelquesautres petites places où ils étaient entrés sans coup férir etcontre le texte même de la capitulation, il existait encore degrandes ressources, si le système d’inertie suivi par le gouver-nement royal n’eût empêché d’en tirer parti.

Cette funeste économie, véritable trahison nationale, fitabandonner les travaux des arsenaux, susprenrlre ceux desforges et des poudreries, et réduire à moitié les commandesdes manufactures d’armes.

Les troupes d’artillerie et du train furent aussi considérable-ment diminuées.

Mais dès le 2L Mars, toutes les branches du service de l’ar-tillerie furent réorganisées, et reprirent l’activité qu’il est sinécessaire de leur conserver en tons tems.

Cent batteries d’artillerie ont été complètement organisées,et sont en ligne anx différentes armées.

Vingt mille chevaux du train d’artillerie et des équipagesont été achetés.

Les escadrons du train d’artillerie ont été quintuplés.

Les manufactures d’nrtnes ont triplé leurs produits.

11 a ete réparé 80,000 fusils depuis deux mois, et 120,000autres le seront au premier Août.

Il a été fourni des armes aux cinquante-six bataillons demilitaires en retraite qui ont repris du service, à 100,000 an-ciens soldats rappelés sous les drapeaux et 150,000 aux gardesnationales mises en activité.

Le surplus des armes destinées à l’armement des gardes na-tionales mobilisées est en dépôt dans les places où elles doiventse rendre.

Dix grands ateliers d’armes ont été organisés à Paris , etemploient près de GüüO ouvriers. On y fabrique ou répare1500 fusils par jour, et ce nombre s’augmentera progressive-ment jusqu’à 3000, à mesure que les ouvriers se formeront à cegenre de travaux.

Les ateliers de Paris fourniront d’ici à la fin de l’annéeplus de 200,000 fusils; les manufactures impériales en fabri-queront 300,000, et sous peu l’on aura en réserve, dans lesmagasins, plus de 600,000 fusils, pour armer au besoin la po-pulation entière des contrées qui pourraient être menacées parj’ennemi.