compromettre le salut de l’ctat, que de différer encore et d'atten-dre qu’ils fussent réunis.
Police générale.
Au milieu des touchantes acclamations qui l’accueillirent à sonretour, S. M. s’était flatté qu’une tel peuple pouvait, pour ainsidire, être livré à lui-même, et qu’il n’avait eu quelque sorte, be-soin d’aucune police; elle s’empressa de proclamer la liberté dela presse ; mais S. M. n’avait pas pensé qu’au sein de cette massedu peuple toujours excellente, il se trouvait une multitude d’en-nemis cachés, qui d’abord stupéfaits et silencieux, u’en médi-taient pas moins le désordre dans l’intérieur et la guerre au de-hors. Les agens de Louis XVIII et des puissances étrangèress'appliquèrent aussitôt à convertir en poison le bienfait des idéeslibérales qui venaient d’être proclamées. Les diatribes les plusodieuses contre l’empereur lui-même furent répandues avec pro-fusion. Les journaux devinrent le réceptacle des actes de lacour de Garni et du congrès de Vienne. Par eux, des germesde sédition furent rapidement disséminés dans toutes les partiesde l’Empire ; ils entretinrent la fermentation qu’avait occasionnéedans le midi et dans les départemens de l’Ouest l’apparition desprinces de la maison de Bourbon; leurs agens cessèrent d’opérerclandestinement, ils levèrent l’étendard de la révolte, ils égare-ment la proportion la plus ignorante des citoyens, ils appelèrentl’ennemi sur nos côtes, ils le firent débarquer ; des ministres dela religion ne craignirent pas d’attiser en son nom les discordesciviles : le sang commençait à couler, la correspondance de cha-que jour nous prouvait que le mal allait toujours croissant, etque les mesures répressives devenaient de plus en plus urgentes.S. M. se décida enfin à soumettre plusieurs contrées au régimemilitaire, et le calme commença aussitôt à se rétablir graduelle-ment. Tout rentre peu à peu dans l’ordre, mais les chambressentiront la nécessité de procurer au gouvernement les moyensd’achever cette pacification, et d’empêcher le retour de ces foyersd’insurrection qui encouragent la malveillance au-dedans et for-ment au-debors autant de diversions en faveur des ennemis.
Nous attendons tout de l’énergie et delà sagesse qu’ont déjàdéveloppées les deux chambres appelées à terminer la révolution,en nous donnant, de concert avec S. M., les lois organiques dontnous avons besoin pour que la licence ne prenne point la placede la liberté, l’anarchie la place de l’ordre ; pour qu’enfin lebon soit partout protégé contre le méchant, l’homme justecontre celui qui veut l’opprimer.
Messieurs, en terminant cet exposé sommaire, nous devonsvous faire connaître, au nom de S. M., que la chambre des re-présontans n’est pas complète, soit parce que plusieurs d’entreeux ont été nommés dans divers endroits en même tems, sans