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prendront une direction contraire ou favorable, selon le résultatdes premiers événemens militaires.
Sire, la question de la guerre ne peut plus être mise en doute.Le ministère britannique , après avoir reçu les réponses de sesalliés, a déclaré qu'iliregarde le traité du 25 Mars, comme ayantconstitué l’état d’hostilité entre la France et l’Angleterre. Il adéclaré que le dernier message du prince-régent devait être con-sidéré comme un message de guerre, en sorte que, si un mouve-ment général d’agresion n’a pas eu lieu encore, c’est qu’il a con-venu aux puissances d’en différer le moment pour laisser arrivertoutes leurs forces. Cependant si, jusqu’à ce jour, elles n’ontfait que préluder à la guerre, déjà ces préludes ont été sanglans.Le 30 Avril, en pleine paix, la frégate la Melpomène a étéattaquée et prise près l’ile d’ischia, par le vaisseau anglais leRivoli : la Dryade a été attaquée le 10 Mai. Des bâtimensanglais jettent sur nos côtés des hommes, des armes et des mu-nitions de guerre (Pièce No. 17). J’ai l’honneur de soumettreci-joint à V. M. une indication de diverses autres voies de fait,et de mesures hostiles (Pièce No. 18), qui se multiplient depuisquelques mois, et que ne peut tolérer plus long-tems une na-tion qui a le sentiment de sa dignité et de ses droits.
Croire à la possibilité du maintien de la paix serait aujour-d’hui un dangereux aveuglement. Si cette espérance, à la-quelle il faut entièrement renoncer, si l’assemblée du Champ-de Mai, et l’ouverture des chambres ont dû retenir Votre Ma-jesté dans la capitale, ces motifs de délai n’existent plus : laguerre nous entoure de toutes parts. Ce n’est plus que sur lechamp de bataille que la France peut reconquérir la paix.Lorsque l’étranger n’a suspendu ses coups que pour nouf frap-per plus sûrement, l’intérêt national ordonne de les prévenirau lieu de les attendre. Les Anglais , les Prussiens, les Au-trichiens sont en ligne. Les Russes sont en pleine marche : latête de leur première colonne a passé Nuremberg le 19 Mai, et*e trouve sur les bords du Rhin. L’empereur de Russie et leroi de Prusse ont quitté Vienne le 26 Mai, et l’empereur d’Au-triche le 27: ces souverains sont maintenant à la tête de leursarmées, et V. M. est encore à Paris .... Sire, toute hésitationpeut désormais compromettre les intérêts de la patrie.
La lutte qui va s’engager ne sera pus une lutte d’un jour ;peut-être voudra-t-elle de longs efforts, une longue patience.Il est important que la nation en soit canvaincue, et V. M. ju-gera sans doute à propos de mettre sous les yeux des chambrestoutes les pièces relatives à notre situation. Eclairées sur lanature des périls dont la France est menacée, leur patriotismeet leur énergique sagesse répondront à l’appel qui les leur aurafait connaître ; elles sentiront qu’il faut au gouvernement degrandes ressources en tout genre; elles n’hésiteront pas à le*lui donner. La France veut être indépendante, la France res-
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