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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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bien persuadés que la générosité n’est pas un motif pour desâmes d’une certaine trempe, n’écouteront que les réclamationsde la justice et du salut public, cette loi suprême des gou-vernemens.

Espagnols ! voilà donc une guerre commandée par cetteloi; elle est innocente et parfaitement juste, parce qu’elle estcalculée sur le bien des peuples et sur ia sûreté des souverainsappelés par la Providence et par les lois fondamentales à lesgouverner. Elle est aussi sûre, parce que les mesures adop-tées, et qui seront adoptées par la suite par les puissancescoalisées pour reconquérir la paix de l’Europe , sont conformesà la gravité et à la haute importance de l’entreprise; elle estsurtout nécessaire, parce que les corps de la nation, toutcomme les individus, ne sauront point abandonner la loiqui leur ordonne de se conserver, ni transiger sur leur dé-fense contre le perturbateur de la tranquillité du monde.

La nécessité de la guerre ne part pas de ce seul principe;vous en avez, Espagnols , une autre très-impérieuse de luttercontre celui qui forgea le projet impie de détruire l’ouvragede Jésus-Christ, et de faire tomber, en deux ou quatre ans,ce que, dans ses instructions à Cervelloni, il appela Péditicede la fourberie et des préjugés. Voilà ce Buonaparte qui,non content d’être l'origine de toutes les calamités, veut en»core qu’on les souffre sans secours, sans consolation, sans espé-rance d'un meilleur sort, enfin, sans le secours de l’aimable,de la douce, de la compatissante religion catholique. Ils neconviennent pas à Napoléon ces dogmes qui prêchent la jus-tice et l’équité ; ils ne plaisent pas à l’usurpateur des trônes ;enfin, ils ne conviennent pas à celui qui soutient que les nomsde juste, d’équitable et de vertueux appartiennent exclusive-ment aux conquérans.

Espagnols ! la justice, la prudence, la loi de sa propre dé-fense et la religion commandent cette guerre, pour arracherla France et son trône du joug de l’oppression sous lequelils gémissent, et pour reconquérir la tranquillité et le repos dumonde. Les conseils de l’ambition n’ont exercé aucune in-fluence sur un tribunal si intègre. La France ne sera pas dé-membrée, ni dans ses places, ni dans ses provinces. Les fron-tières seront religieusement respectées ; et, pour que les arméesauxiliaires n’y mettent pas le pied, la France n’a qu’à suivrel’impulsion qui lui commande de réfléchir sur l’outrage qu’onfait à la dignité nationale, en en faisant un jouet aux fac-tions ; qu’une nation commence à devenir esclave, du momentoû elle perd les rois appelés par des lois fondamentales, etque la plus déshonorante de toutes les spéculations est cellede voir avec une indifférence apathique un roi, père de sespeuples, échangé contre un monstre qui se nourrit de sanghumain.

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