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Charieroy à Bruxelles . Nous avons fait quinze cents prison-niers, et enlevé six pièces de canon. Quatre régimens prus-siens ont été écrasés. L’empereur a perdu peu de monde;mais il a fait une perte qui iui est très-sensible, c’est celle deson aide-de*camp, le général Letort qui a été tué sur le pla-teau de Fleurus, en commandant une charge de cavalerie.
L’enthousiasme des habitaus de Charieroy, et de tous lespays que nous traversons, ne peut se décrire.
18 Juin, 1815.
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ORDRE DU JOUR.
Avesnes, le 14 Juin 1815.
Soldats,
“ C’est aujourd’hui l’anniversaire de Marengoet de Friedland,qui décida deux fois du destin de l’Europe . Alors, comme aprèsAusterlitz, comme après Wagram, nous fûmes trop généreux !Nous crûmes aux protestations et aux sermens des princes quenous laissâmes sur le trône ! Aujourd’hui cependant, coaliséscontre eux, ils en veulent à l’indépendance et aux droits les plussacrés de la France . Ils ont commencé la plus injuste des ag-gressions. Marchons donc à leur rencontre. Eux et nous ne som-mes-nous plus les mêmes hommes ?
“ Soldats, à Jéna, contre ces mêmes Prussieus, aujourd’huisi arrogans, vous étiez un contre trois, et à Montmirail , uncontre six !
“ Que ceux d’entre vous qui ont été prisonniers des Anglais ,vous fassent, le récit de leurs pontons, et des maux affreux qu’ilsont soufferts !
“ Les Saxons, les Belges, les Hanovriens, les soldats de laconfédération du Rhin, gémissent d’être obligés de prêter leursbras à la cause de princes ennemis de la justice et des droits detous les peuples ; ils savent que cette coalition est insatiable !Après avoir dévoré douze millions de Polonais, douze millionsd’Italiens, un million de Saxons, six millions de Belges, elledevra dévorer les Etats du deuxième ordre de l’Allemagne .
“ Les insensés ! un moment de prospérité les aveugle. L’op-pression et l’humiliation du peuple français sont hors de leurpouvoir ! S’ils entrent en France , ils y trouveront leur tombeau.
“ Soldats ! nous avons des marches forcées à faire, des ba-tailles à livrer, des périls à courir ; mais avec de la constance,la victoire sera à nous; les droits, l'honneur et le bonheur de lapatrie seront reconquis !
“ Pour tout Français qui a du cœur, le nromeut est arrivé devaiucre ou de périr. (Signé) Napoléon.”
Pour ampliation, Le maréchal de l’Empire, major-général,
Duc de Dalmatiê.