Buch 
[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
Entstehung
Seite
289
JPEG-Download
 

289

pire, sons les rapports de l’ordre el de la sûreté publique:c’est d’après cette connaissance que les chambres pourrontapprécier les mesures que le gouvernement a prises, et déli-bérer sur celles que la crise actuelle rend nécessaires.

Tandis que V. M. marche à la tète des armées françaisespour repousser des forces étrangères, elle a le droit d’attendrede l’énergie et de la fidélité des représentans de la nation lesmoyens légaux d’arrêter ou de puuir les entreprises des enne-mis intérieurs.

Toutefois, Sire, les ennemis, aujourd’hui comme précé-demment, sont peu nombreux: ils ne s’agitent que dansquelques départemens ; et dans ceux où ils ont le plus desuccès, la niasse de la population les rejette, les désavoue, etn’aspire qu’à s’en séparer.

Sire, je dois vous dire la vérité toute entière. Nos ennemisont de l’activité, de l'audace, des instrumens au-dehors, desappuis an-dedans ; ils n’attendent que le moment favorablepour réaliser le plan conçu, depuis 20 ans, et depuis 20 ansdéjoué, d’unir le cainp deJalèsà la Vendée , et d’entraînerune partie de la multitude dans cette conspiration qui s’étendde la Manche à la Méditerranée.

Dans ce système, les campagnes de la rive gauche de ULoire, dont la population est plus facile à égarer, sont le prin-cipal foyer de l’insurrection, qui doit, à l’aide des bandeserrantes de la Bretagne, se propager jusqu’en Normandie , oùle voisinage des îles et les dispositsons de la côte, rendent lescommunications plus faciles; elle s’appuie d’un autre côté surles Cévennes pour s’étendre jusqu’aux rives du Rhône , par lesrévoltes qu’on peut exciter dans quelques parties du Lan-guedoc et de la Provence. Bordeaux est depuis l’origine lecentre de direction de ces mouvemens.

Ce système n’a pas été abandonné. Il y a plus, le partis’est grossi, à chaque phase de notre révolution, de tous lesmécontens que les événemens produisaient, de tous les fac-tieux encouragés dans leurs projets par la certitude de l’am-nistie, de tous les ambitieux qui désiraient acquérir quelqueimportance politique dans les changemens qu’on présageait.De sorte que si on considère aujourd’hui les élémens hétéro-gènes dont ce parti se compose, si on observe la diversitéd’opinious, de vues et d’intérêts qu’il renferme, on ne peut lequalifier de royaliste, qu’en ce sens qu’il est l’ennemi dugouvernement ; car il n’a point de but fixe et déterminé dansses intentsons ultérieures, et pur conséquent point de carac-tère uniforme et général.

C’est ce parti qui trouble maintenant la tranquillité inté-rieure : c’est lui qui agite Marseille, Toulouse et Bordeaux îMarseille , où l’esprit de la sédition anime jusqu’aux dernière*classes de la population, où les lois ont été méconnues ; Tou-

P P