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Inébranlable dans le système de modération qu’elle avaitadopté, V. M. crut devoir attendre la convocation deschambres, pour n’opposer que des précautions légales aux ma-nœuvres que la législation ordinaire ne punit pas toujours, etqu’elle ne pouvait ni prévoir ni prévenir.
Ce n’est pas qu’en remontant à des époques antérieures àvotre avènement, il n’eût été facile de trouver des lois néesdans des circonstances analogues, et qu’une politique moinssage et moins éclairée que la vôtre eût pu croire applicables«u.\ circonstances où nous nous trouvons maintenant.
Saisir les biens, poursuivre les familles des coupables qu’onne peut atteindre, frapper eu masse, proscrire des classes sousdes dénominations imaginaires, punir la qualité plutôt que lecrime des individus, [sont des mesures usées qui aujourd’huique l’expérience en a fait sentir l’inutilité, n’ont pas même lapuissance de la menace.
Les teins d’ailleurs sont changés, et si les dangers qui nousenvironnent sont les mêmes en apparence, ils ont toutefoisune cause différente, ils sont d’une autre nature, et l'opinionpublique les juge d’une autre manière.
Dans tous les cas, V. M. m’a ordonné de veiller à ce queles citoyens paisibles ne puissent être inquiétés: l’autoritén’a rien à demandera celui qui obéit à la loi.
La révolution française n’eut point son origine dans l’excèsde la tyrannie ; le gouvernement qui l’a provoquée u’a pas suen tirer avantage; il n’avait que de l’orgueil et de la faiblesse.Elle n’est point le résultat du fanatisme de quelques sectesreligieuses, de l’ambition de quelques grands seigneurs, oudes complots de quelques conspirateurs obscurs ; elle fut lefruit lent et préparé des lumières ; elle fut entreprise dansdes vues de justice et d’ordre jusqu’à l’instant où les fureursd’une opposition iusensée obligèrent ses fondateurs à mettreleur ouvrage sous la garde de la multitude, alors le but futmanqué, la révolution dévia de ses principes ; aucune forcehumaine n’était capable d’arrêter ce torrent. Il fut de la sa-gesse d’en suivre et d’en adoucir la marche ; et quelque sé-vère que soit le jugement que les contemporains ont porte surcette époque de notre histoire, la postérité pensera peut-êtreque les hommes qui contribuèrent alors à soutenir l’honneurfiançais, à défendre l’indépendance nationale, à sauver la li-berté publiqe de l’abîme où la fureur des partis et la tyran-nie des factions allaient l’entraîner ; la postérité, dis-je, pen-sera que ces hommes ne manquaient ni de courage, ni des ver-tus qu’exige l’amour de la patrie.
Tout était exécutable alors parce que tout se faisait par Jepeuple même ; tout s’excusait par l’état d’anarchie, et l’im-possibilité de résister aux passions du plus graud nombre;mais aujourd’hui le peuple n’est pas dans une majorité pure-raeqt numérique, l’opinion de l’universalité des citoyens se
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