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forme sur celle des gens calmes et éclairés de la France et del’Europe . Aucune classe de la société ne rêve aux chimèrespolitiques qu’on poursuivait dans les tems d'exaltation et d’er-,reur. Dans les rangs mêmes du parti qui s’agite, on netrouve plus les préjugés et le fanatisme qui soutenaient lespremières rébellions : c’est la liberté civile, et la jouissancepaisible de tous ses droits que réclame l’immense majorité desFrançais . On ne s’arrête plus à de simples abstractions ; ou■veut une liberté positive et pratique fondée sur les lois usuelles,et surtout garantie par l’opinion et la moralité du gouverne-ment : aucune des mesures employées jadis par l’anarchie nepeut donc convenir.
D’ailleu rs, V. M. ne veut pas renouveler l’effroi des me-sures révolutionnaires, elle n’a pas même voulu généraliserl’emploi de l’autorité militaire ; elle l’a assujettie au pouvoircivil qui se trouve en majorité dans les commissions de haute-police. Cela doit-être ainsi, sauf des exceptions rares ; carpartout où le pouvoir militaire est en première ligne, il n’y aplus de seconde ligne.
Le général de T’armée de la Loire a seul reçu des pouvoirsextraordinaires pour le -pays en insurrection, parce qu’il fautopposer la guerre à la guerre.
Cependant, dans la situation des choses, nous avons de nou-velles règles d’une législation nouvelle: chez tous les peuples,il y a un code particulier pour les tems de crise. La liberté in-dividuelle ne peut être la même dans toutes les situations del’état. Il est essentiel dq se pénétrer de cette vérité. Toutdanger de l'état oblige de circonscrire la liberté individuelle ;tout cas d’aggression intérieure et de troubles civils forcentchaque citoyen à faire le sacrifice momentané d’une partie desa sûreté personnelle, afin que le gouvernement ait le moyende garantir la sûreté générale.
La puissance législative est alors réduite à cette alternative ;il faut qu’elle livre l’état à l’anarchie, eu laissant la ré-volte sans frein, ou bien que, pour trouver des moyens possi-bles de répression, elle rende chaque citoyen plus accessible àl’atteinte de la force publique.
Il nes’ag.t pas pour cela de lui retirer le bénéfice du pactesocial, ni de l’abandonner à sa faiblesse individuelle vis-à-visde l’autorité : autant vaudrait-il établir la tyrannie: mais ils’agit de quelques sacrifices qui deviennentlégitiines parce quela loi les ordonne, qu’elle seule en détermine l’étendue, eVqu’elle veille avec soin à ce que les limites ne soient jamais dé-passées.
Les principes qui dictent ces exceptions sont aussi purs queles principes mêmes de la liberté. Dans les tems ordinaires,ledanger pourrait v®ir de l’autorité; c’est pour cela que laréaction et la vigilance se tournent contre elle. Le dangeryient-il de troubles intérieurs, il faut aider l’autorité loin de la