Buch 
[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
Entstehung
Seite
292
JPEG-Download
 

292

forme sur celle des gens calmes et éclairés de la France et delEurope . Aucune classe de la société ne rêve aux chimèrespolitiques quon poursuivait dans les tems d'exaltation et der-,reur. Dans les rangs mêmes du parti qui sagite, on netrouve plus les préjugés et le fanatisme qui soutenaient lespremières rébellions : cest la liberté civile, et la jouissancepaisible de tous ses droits que réclame limmense majorité desFrançais . On ne sarrête plus à de simples abstractions ; ouveut une liberté positive et pratique fondée sur les lois usuelles,et surtout garantie par lopinion et la moralité du gouverne-ment : aucune des mesures employées jadis par lanarchie nepeut donc convenir.

Dailleu rs, V. M. ne veut pas renouveler leffroi des me-sures révolutionnaires, elle na pas même voulu généraliserlemploi de lautorité militaire ; elle la assujettie au pouvoircivil qui se trouve en majorité dans les commissions de haute-police. Cela doit-être ainsi, sauf des exceptions rares ; carpartout le pouvoir militaire est en première ligne, il ny aplus de seconde ligne.

Le général de Tarmée de la Loire a seul reçu des pouvoirsextraordinaires pour le -pays en insurrection, parce quil fautopposer la guerre à la guerre.

Cependant, dans la situation des choses, nous avons de nou-velles règles dune législation nouvelle: chez tous les peuples,il y a un code particulier pour les tems de crise. La liberté in-dividuelle ne peut être la même dans toutes les situations delétat. Il est essentiel dq se pénétrer de cette vérité. Toutdanger de l'état oblige de circonscrire la liberté individuelle ;tout cas daggression intérieure et de troubles civils forcentchaque citoyen à faire le sacrifice momentané dune partie desa sûreté personnelle, afin que le gouvernement ait le moyende garantir la sûreté générale.

La puissance législative est alors réduite à cette alternative ;il faut quelle livre létat à lanarchie, eu laissant la ré-volte sans frein, ou bien que, pour trouver des moyens possi-bles de répression, elle rende chaque citoyen plus accessible àlatteinte de la force publique.

Il nesag.t pas pour cela de lui retirer le bénéfice du pactesocial, ni de labandonner à sa faiblesse individuelle vis-à-visde lautorité : autant vaudrait-il établir la tyrannie: mais ilsagit de quelques sacrifices qui deviennentlégitiines parce quela loi les ordonne, quelle seule en détermine létendue, eVquelle veille avec soin à ce que les limites ne soient jamais dé-passées.

Les principes qui dictent ces exceptions sont aussi purs queles principes mêmes de la liberté. Dans les tems ordinaires,ledanger pourrait v®ir de lautorité; cest pour cela que laréaction et la vigilance se tournent contre elle. Le dangeryient-il de troubles intérieurs, il faut aider lautorité loin de la