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combattre ; il faut l’aider à écarter toutes les matières inflam-mables qui augmenteraient l’incendie.
Il n’y a point d'état libre qui, dans des tems semblables,n’ait été obligé de modifier plus ou moins la liberté indivi-duelle de ses citoyens. Combien de fois l’Angleterre n’a-t-elle pas suspendu l 'habeas corpus , même pour une simpleguerre étrangère ! Heureux les états pour lesquels ces mo-difications ont été d’une courte durée ! D’un autre côté, pluson veut que la plénitude de la liberté soit absolue pour unpeuple, plus il faut admettre facilement des exceptions pourles cas extraordinaires, sans quoi on restreindrait la libertéquand on en pose les bases, qiar la nécessité de prévoir lesfâcheuses exceptions. Les principes n’en sont pas moins sau-vés, puisque les exceptions n’en peuvent émaner que «le lapuissance législative, qu’elles tirent uniquement leur sanctionde la loi, et qu’elles sont réglées de manière que l’autorité nepuisse les employer qu’au maintien de l’ordre.
La difficulté roule sur trois points: l’emprisonnement, ledélai fixé pour dénoncer le prévenu aux tribunaux et le juge-ment d’accusation.
Fendant les troubles civils, surtout s’ils coïncident avecune guerre étrangère, les atteintes portées à la sûreté de l’é-tat multiplient les emprisonnement*. Une .foule d’individus,s’ils ne sont pas déjà dans les rangs des rebelles, sont prêts às’y jeter ; d’autres, unis d’intérêts avec les ennemis extérieursou avec les révoltés, les aident de tous leurs moyens, ou leurcréent des partisans, genre d’embauchage dans lequel la tra-hison est devenue très-habile. On imprime, on débite, oufait circuler des écrits pernicieux : on ne peut laisser impuniesces coupables manœuvres, il faut surtout se bâter d’en arrêterle cours.
S’agit-il de les dénoncer aux tribunaux, il ne suffit plus den’avoir fait des arrestations que sur les indices les plus graves.On a bien la certitude d’avoir découvert de mauvais citoyens,mais on n’a pas pour cela l’évidence de leur culpabilité, sousle rapport des lois qui devraient les atteindre. On viole la loi,si l’on retient plus long-tems les accusés ; mais si on les re-lâche, on recrute la guerre civile.
La mise en accusation offre un autre embarras : la trahisona mille nuances ; on peut faire beaucoup de mal dans cettelâche carrière, même en se dérobant à la possibilité d’une ac-cusation légale. On aura conduit en vain le coupable jusquessous le glaive qui devait le frapper; il faudra l’absoudre,parce que nos codes u’ont pas encore prévu tous les cas defélonie ; et, quand de pareils débats auront montré jusqu’oùla trahison peut se porter avec impunité, qu’aura-t-on fait deplus, que «l’enhardir les traîtres en leur traçant une routequ’ils peuvent parcourir sans danger.
Eu Angleterre, toutes les fois qu’il y a des soupçons graves,