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La perte de l’ennemi doit avoir été très-grande, à en jugerpar les drapeaux que nous lui avons pris, et par les pas rétro-'*,grades qu’il avait faits. La nôtre ue pourra se calculer qu’aprèsle ralliement des troupes. Avant que le désordre éclatât, nousavions déjà éprouvé des pertes considérables, surtout dansnotre cavalerie, si fur.estement et pourtant si bravement enga-gée. Malgré ces pertes, cette valeureuse cavalerie a constam-ment gardé la position qu’elle avait prise aux anglais , et ne l’aabandonnée que quand le tumulte et le désordre du champ debataille l’y ont forcé. Au milieu de la nuit et des obstaclesqui encombraient la route, elle n’a pu elle-même conserver sonorganisation.
L’artillerie, comme à son ordinaire, s’est couverte de gloire.Les voitures du quartier-général étaient restées dans leur posi-tion ordinaire, aucun mouvement rét ograde n’ayant été jugénécessaire. Dans le cours de la nuit, elles sont tombées entreles mains de l’ennemi.
Telle a été l’issue de la bataille de Mont-Sanit-Jean, glo-rieuse pour les armées françaises et pourtant si funeste.
22 Juin, 1815.
Séance du 22 Juin, 1815.
M- le président .—La parole est au ministre de l’intérieur.
Le ministre de l'intérieur. —L’empereur est arrivé à onzeheures. Il a convoqué le conseil des ministres, il a annoncé quel'armée, après une victoire signalée dans les plaines de Fleurus,où l'elite de l’armée prussienne a été écrasée, a livré une grandebataille deux jours après à quatre lieues de Bruxelles : l’arméeanglaise a été battue toute la journée et obligée de céder sonchamp de bataille.
On avait pris six drapeaux anglais et la journée était décidée,lorsqu’à la nuit des malveillans ont répandu l’allarme et occa-sionné un désordre que la présence de S. M. n’a pu rétablir àcause de la nuit.
La suite a été des désastres qu’on n’a pu arrêter.
L'armée se rallie sous les murs d’Avesnes et de Philippeville .
S. M. a passé à Laon . Elle y a donné des ordres pour quela levée en masse des gardes nationales du département arrêteles fuyards.
Elle est venue à Paris pour conférer avec les ministres sur lesmoyens de rétablir le matériel de l’armée.
L’intention de S. M. est de se concerter aussi avec les cham-bres sur les mesures législatives qu’exigent les circonstances.
S. M. s'occupe en ce moment des propositions à porter auxchambres.
La séance est levée et ajournée à demain une heure.