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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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La perte de lennemi doit avoir été très-grande, à en jugerpar les drapeaux que nous lui avons pris, et par les pas rétro-'*,grades quil avait faits. La nôtre ue pourra se calculer quaprèsle ralliement des troupes. Avant que le désordre éclatât, nousavions déjà éprouvé des pertes considérables, surtout dansnotre cavalerie, si fur.estement et pourtant si bravement enga-gée. Malgré ces pertes, cette valeureuse cavalerie a constam-ment gardé la position quelle avait prise aux anglais , et ne laabandonnée que quand le tumulte et le désordre du champ debataille ly ont forcé. Au milieu de la nuit et des obstaclesqui encombraient la route, elle na pu elle-même conserver sonorganisation.

Lartillerie, comme à son ordinaire, sest couverte de gloire.Les voitures du quartier-général étaient restées dans leur posi-tion ordinaire, aucun mouvement rét ograde nayant été jugénécessaire. Dans le cours de la nuit, elles sont tombées entreles mains de lennemi.

Telle a été lissue de la bataille de Mont-Sanit-Jean, glo-rieuse pour les armées françaises et pourtant si funeste.

22 Juin, 1815.

Paris , le 21 Juin.

CHAMBRE DES PAIRS .

Séance du 22 Juin, 1815.

M- le président .La parole est au ministre de lintérieur.

Le ministre de l'intérieur.Lempereur est arrivé à onzeheures. Il a convoqué le conseil des ministres, il a annoncé quel'armée, après une victoire signalée dans les plaines de Fleurus, l'elite de larmée prussienne a été écrasée, a livré une grandebataille deux jours après à quatre lieues de Bruxelles : larméeanglaise a été battue toute la journée et obligée de céder sonchamp de bataille.

On avait pris six drapeaux anglais et la journée était décidée,lorsquà la nuit des malveillans ont répandu lallarme et occa-sionné un désordre que la présence de S. M. na pu rétablir àcause de la nuit.

La suite a été des désastres quon na pu arrêter.

L'armée se rallie sous les murs dAvesnes et de Philippeville .

S. M. a passé à Laon . Elle y a donné des ordres pour quela levée en masse des gardes nationales du département arrêteles fuyards.

Elle est venue à Paris pour conférer avec les ministres sur lesmoyens de rétablir le matériel de larmée.

Lintention de S. M. est de se concerter aussi avec les cham-bres sur les mesures législatives quexigent les circonstances.

S. M. s'occupe en ce moment des propositions à porter auxchambres.

La séance est levée et ajournée à demain une heure.