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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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S07

23 Juin 1815.

Paris , le 22 Juin.

DÉCLARATION AU PEUPLE FRANÇAIS.

“ Français ,

“ En commençant la guerre pour soutenir l’indépendance na-tionale, je comptais sur la réunion de tous les efforts, de toute*les autorités nationales : j 'étais fondé à en espérer le succès, etj’avais bravé toutes les déclarations des puissances contre moi.

“ Les circonstances me paraissent changées. Je m’offre ensacrifice à la haine des ennemis de la France . Puissent-ils êtresincères dans leurs déclarations, et n’en avoir réellement vouluqu’à ma personne! Ma vie politique est terminée, et je pro-clame mon fils sous le titre de Napoléon II , empereur desFrançais .

“ Les ministres actuels formeront provisoirement le conseilde gouvernement. L’intérêt que je porte à mon fils, m’engageà inviter les chambres à organiser sans délai la régence parune loi.

“ Uuissez-vous tous pour le salut public et pour rester unenation indépendante.

(Signé) Napoléon.-

Cette déclaration a été portée, à une heure, aux deux cham-bres; savoir, à la chambre des pairs par M. le comte Carnot;à la chambre des représentans par M. le duc d’Otrante .

Les délibérations prises par les chambres sur cette commu-nication, ont été présentées dans l'ap^ès-midi à S. M. par des dé-putations composées des membres du bureau de chacune deschambres.

S. M. a répondu à l’une et à l’autre de ces députations à-peu-près en ces termes ;

M. le président, je vous remercie des sentimens que vousm’exprimez. Je recommande à la chambre de renforcer lesannées, et de les mettre dans le meilleur état de défense: quiveut la paix doit se préparer à la guerre. Ne mettez pas cettegrande nation à la merci de l’étranger, de peur d’être déçus dansvos espérances. Dans quelque position que je me trouve, jeserai heureux si la France est libre et indépendante. Si j’airemis le droit qu’elle m’a donné à mon fils, de mon vivant, cegrand sacrifice je ne l’ai fait que pour le bien de la nation, etl’intérêt de mou fils, que j’ai en conséquence proclamé em-pereur.

CHAMBRE DES REPRÉSENTANS.

Séance du 22 Juin.

M. le duc d’Otrunte. —Messieurs, c’est ici le moment où lachambre des représentans doit se prononcer en face de la nation

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