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en peu de mots, ce qui s’est passé dans cette trop courte ettrop malheureuse campagne. Je dirai ce que je pense, ce queje crains, ce que j’espère. Vous pouvez, compter sur mafranchise. Mon attachement à^l’empereur ne peut-être dou-teux, mais avant tout et par-dessus tout j’aime ma patrie. Jesuis amant enthousiaste de la gloire nationale, et aucuneaffection ne pourra jamais me faire trahir la vérité.
L’armée française a franchi la frontière le 15 Juin. Elleétait composée de plusieurs corps de cavalerie, de six d'infan-terie et de la garde impériale. Les six corps d’infanterieétaient commandés,
Le 1 er par le comte d’Erlon,
Le 2 e par le comte Reille,
Le 3e par le comte Vandamme,
Le 4e par le comte Gérard,
Le 5e par le comte Le Marrois,
Le Ce par le comte de Lobau.
Elle rencontra quelques troupes légères en deçà de laSambre, les culbuta et leur prit 4 à 500 hommes; çlle passaensuite la rivière.
Le 1 er et le 2 e corps à Marchiennes-au-Pont .
Le reste de l’armée à Charleroy .
Le Ce corps, qui était resté en arrière, n’effectua le passageque le lendemain.
L’armée se porta en avant de Charleroy sur la route deFleurus. Le corps de Vandamme attaqua, vers quatre heuresdu soir, une division ennemie qui paraissait forte de 8 à 10mille hommes infanterie et cavalerie soutenue de quelquespièces de canon, et qui se tenait à cheval sur la route deFleurus.
Cette division fut enfoncée ; les carrés d’infanterie furentculbutés par notre cavalerie; l’un d’eux fut entièrement passéau fil de l’épée.
Dans une des charges de cavalerie, la France perdit monbrave et estimable camarade, le général Letort, aide-de-camp de l’empereur. (Ici le général s’interrompt un mo-ment : on remarque quelques larmes tomber de ses yeux.)
Nos avant-postes se portèrent sur Fleurus . Le lendemainmatin, l’armée française entra dans la plaine de Fleurus , quevingt-un ans auparavant nous avions illustrée par les plusbeaux faits d’armes; l’armée ennemie paraissait en amphi-théâtre sur un coteau, derrière les villages de Saint-Amand etde Ligny ; la droite paraissait s’étendre peu au-delà de Saint-Amand, la gauche se prolongeait sensiblement au-delà de
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Vers midi, le 5e corps d’infanterie, soutenu par son artillerie,attaque le village et s’empare du bois qui le précédait etpénètre jusqu’aux premières maisons.