ha’vnement à la France la paix si désirée; mais le ciel en adécidé autrement, il a voulu qu’après tant de catastrophesnotre malheureuse patrie lut encore une fois exposée auxravages des étrangers.
Quoique nos pertes soient considérables, notre position n’estcependant pas désespérée. Les ressources qui nous restentsont bien grandes si nous voulons les employer avec énergie.
Le corps commandé par le maréchal Grouchy , et composédu 3e et du 4e corps d’infanterie et d’un grand corps de cava-lerie, vient d’effectuer sa retraite par Numur, il est rentré enFrance par Givet et Rocroy , son matériel est intact. Les dé-bris des corps battus à RIont-Saint-Jean forment déjà unemasse respectable qui s’augmente de jour en jour. Le minis-tre de la guerre a annoncé à la chambre qu’on pouvait dispo-ser de 20 mille hommes pris dans les dépôts.
Les mesures prises par les chambres pour appeler à la dé-fense de la patrie, tous les hommes en état de porter les armes,donneront bientôt un grand nombre de bataillons, si l’onpresse avec toute l’activité possible, la levée et l’embrigade-ment, et la formation de ces bataillons.
Le reste du matériel peut être facilement réparé ; nousavons à Paris 300 pièces de bataille avec leur approvisionne-ment. La moitié de ces pièces suffit pour remplacer cellesque nous avons perdues. 11 suffit que les chambres pren-aient des mesures pour avoir les chevaux et les conduc-teurs, ce qui, daus une ville comme Paris , peut être effectuéen 24 heures.
Je ne puis assez le répéter à la chambre, la dernière catas-trophe ne doit pas décourager une nation grande et noblecomme la nôtre, si nous déployons dans cette circonstancetoute l’énergie nécessaire. Ce dernier malheur ne fera querelever notre gloire. Et quel est le sacrifice qui coûterait auxvrais amis de la patrie, dans un moment où le souverain qnenous avons proclamé naguère, que nous avons revêtu de toutenotre confiance, vient de faire le] plus grand et le plus noblede tous les sacrifices.
Après la bataille de Cannes le sénat romain vota des remer-cietnens au général vaincu, parce qu’il n’avait pas désespérédu salut de la république, et s’occupa sans relâche de lui don-ner des moyens de réparer les désastres qu’il avait occasionnéspar son entêtement et ses mauvaises dispositions.
Dans une circonstance infiniment.moins critique, les repré-itentans de la nation se laisseront-ils ^battre et oublieront-ilsles dangers de la patrie pour s’occuper de discussions intem-pestives, au lieu de recourir au remède qui assure le salut dela France ?
On ordonne l’impression à six exemplaires ; mais commele général n’avait pas écrit son discours, il est invité à le rédi-ger de suite.