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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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Je fuis à votre seigneurie la demande formelle de cesser Im-médiatement tonte hostilité, et <jtte l'on s’occupe n’uii armis-tice en attendant la décision du congrès. Je ne puis croire.Milord, que ma demande restera sans effet; vous prendriezsur vous une grande responsabilité aux yeux de vos nobles com-patriotes.

Nul autre motif que celui de faire cesser l'effusion du sang■et l’intérêt de ma patrie, ne m’ont dicté cette lettre.

Si je me présente sur le champ de bataille avec l’idée de vostaleus, j’y porterai la conviction d'y combattre pour la plussainte des causes, celle de la défense et de l’indépendance dema patrie, et quel qu’en soit le résultat, je mériterai, Milord,votre estime.

Agréez, je vous prie, Milord, l’assurance de nia très-hauteconsidération.

Le ministre de la guerre,

Maréchal prince d’EuivMÜHL.

La même lettre a été écrite par S. Exc. à M. le maréchalBlücher . -•

CHAMBRE DES REPRÉSENTANS.

Seancedu 1er Juillet.

Un secrétaire donne lecture de la lettre suivante :

“ lieprésentans du peuple,

“ Nous sommes en présence de nos ennemis ; jurons entrevos mains et à la face du inonde, de défendre jusqu’au derniersoupir la cause de notre indépendance et l’honneur national.On voudrait nous imposer les Bourbons, et ces princes sont re-jetés par l’immense majorité des Français ; si on pouvait sous- .crire à leur rentrée, rappelez-vous, représentans, qu’on auraitsigné le testament de l’armée, qui pendant vingt années a étéle palladium de l’honneur français . Il esta la guerre, surtoutlorsqu’on l’a faite aussi longuement, des succès et des revers.Dans nos succès, on nous a vus grands et généreux ; dans noslevers, si on veut nous humilier, nous saurons mourir.

“ Les Bourbons n’offrent aucune garantie à la nation. Nousles avions accueillis avec les seutimens de la plus généreuseconfiance ; nous avions oublié tous les maux qu’ils nous avaientcausés par un acharnement à vouloir nous priver de nos droitsles plus sacrés. Eh bien ! comment ont-ils répondu à cetteconfiance ? ils nous ont traités comme rebelles et vaincus,lieprésentans, ces réflexions sont terribles, parce qu’elles sontvraies. L’inexorable histoire racontera un jour ce qu’ont faitles Bourbons pour se remettre sur le trône de France ; elle diraaussi la conduite de l’armée, de eette armée essentiellement na-tionale, et la postérité jugera qui mérita le mieux l'estime dumonde.

“ Au camp de la Villette, le 30 Juin 1815, à trois heuresSprès midi.

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