335
limes. Il ajoute: “ Les souverains n'ont pas le projet de s’op-poser au droit i|u’a cette nation de choisir la forme de gou-vernement qui lui convient, ni l’intention d’empiéter, sous au-cun rapport, sur son indépendance comme un peuule grand etlibre,”
“ Quelques générales, dit encore lord Clancarty, que puis-sent être les dispositions des souverains en faveur de la restau-ration, ils ne cherchent pas à influencer les actes des Français relativementà telle ou telledynastie ou forme de gouvernementTels sont, dit-il, les sentimens qu’ont exprimés généralementtous les souverains et leurs ministres..., et qui doivent prouveraux Français que cette guerre n’est point dirigée contre leurliberté et leur indépendance.”
Le compte rendu par lord Clancarty serait seul un témoi-gnage irrécusable, mais ce témoignage est appuyé par des do-cumens directs.
L’Autriche , en adhérant à la déclaration donnée par le gou-vernement anglais sur l’art. 8 du traité, ne dit pas seulementqu’elle ne veut pas faire la guerre pour imposer à la France ungouvernement quelconque ; mais que son devoir et ses intérêtsne lui permettent pas de le vouloir. Voici les termes de sa dé-claration du ç) Mai :
“ L’empereur, quoiqu’irrévocableinent résolu à diriger tousses efl’orts contre l’usurpation de Napoléon Bonaparte ..., estnéanmoins convaincu que le devoir qui lui est imposé par l’in-térêt de ses sujets et par ses propres principes, ne lui permettrapas de poursuivre la guerre pour imposer à la France un gou-vernement quelconque.”
Cette, déclaration, si essentielle d’un des principaux membresde la coalition, a été adoptée par toutes les puissances parti-cipant au congrès de Vienne. Dans la conférence du 12 Mai,insérée au protocole et signée de tous les plénipotentiaires sansexception, se trouve cette déclaration solennelle.
“ Les puissances connaissent trop bien les principes qui doi-vent les guider dans leurs rapports avec un pays indépendantpour entreprendre (comme on voudrait les en accuser) de luiimposer des lois, de s’immiscer dans ses affaires intérieures, delui assigner une forme de gouvernement, de lui donner desmaîtres au gré des intérêts ou des passions de ses voisins.”
L’abdication de Napoléon ayant donc désintéressé la coali-tion, le seul obstacle à la paix étant levé, nos plénipotentiairesse sont rendus immédiatement auprès des puissances pour ré-clamer en faveur de l’indépendance de la nation les principesqu’elles avaient proclamés. Nous avons proposé aux générauxdes armées ennemies une suspension d’armes pour arrêter l’ef-fusion du sang.
Cependant la guerre a continué d’exercer ses ravages, lesarmées anglaises et prussiennes ont précipité leur marche surla capitale, et elles ne se sont arrêtées que par le dévouement