INTRODUCTION, 1 I
cc soldat inévitable ne s'était montré si terrible. Les alliésécrasés à Champaubert , à Montmirail , à Montereau , àCraonne , c'était assez pour que Napoléon eût le droit dedire en parlant des envahisseurs de la patrie : « Je suis« plus près de Munich qu'ils ne le sont de Paris . » Maisdans cette ville dont les femmes, comme celles de Sparte ,n’avaient pas vu depuis bien des siècles la fumée d’uncamp ennemi, il y avait une bourgeoisie ardente à la paix ;il y avait des banquiers rêvant emprunts au bruit des vic-toires. Des industriels, des commerçants, tous ceux quisoutiraient du duel à mort engagé entre Napoléon et l'An-gleterre, tels furent les chefs véritables de la défection quiouvrit aux étrangers les portes de Paris .
Paris , en 1814, pouvait-il se défendre, ne fut-ce quedeux jours de plus? Cette question a été résolue négati-vement par la plupart de ceux qui ont écrit sur cettesombre époque de notre histoire. Disons quel était l'étaldes choses 1 , au point de vue militaire.
La direction du casernement de Paris et des environspeut recevoir vingt mille hommes à deux par lit. Eh bien,en mars 1814, les soldats étaient couchés à trois par lit,et les greniers des bâtiments étaient occupés par deshommes serrés l'un contre l'autre et couchés sur la paille.De sorte que le nombre des soldats alors casernés dansParis peut être évalué au moins à trente mille.
1 Les renseignements que nous consignons ici sont tirés d’une note quinous a été communiquée, et qui est écrite de la main même d’un des offi-ciers supérieurs chargés, en 1814, de la défense de Paris . Cet officier supé-rieur est aujourd’hui pair de France.