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Tome premier.
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CHAPITRE V.

2SI

Afin de créer au général Gérard une influence dont on pûtse servir au besoin, on le pressait de revêtir runiforme, dese montrer à la population, de visiter les barricades.M. Casimir Périer écrivait à l'instituteur de ses enfants :« Venez sans retard à l'bôtel Laffitte, et amenez-y des« chevaux. »M. Gérard hésitait ; mais on redoublait d'in-stances. « Vous voilà bien, vous autres militaires, lui di-te sait M. Eugène Laffitte pour l'exciter, vous ne pouvez« marcher (pie suivis par des pantalons garance. » Enfinle général céda. 11 partit pour aller montrer au peupleque les chefs ne lui manqueraient pas après la bataille.Toutefois, il portait encore la cocarde blanche. 11 l'ûta.sur les observations de M. Sarrans, mais sans la rempla-cer par la cocarde de la révolution.

Au reste, soit crainte, soit indifférence ou étourdisse-ment, ceux qui déjà se présentaient comme chefs, ne semontraient nulle part impatients d'arborer les couleurspour lesquelles le peuple avait combattu. La manière dontle drapeau tricolore fut arboré à l'IIotel-de-Ville, le 29.mérite dêtre rapportée. M. Dumoulin ayant aperçu der-rière un meuble un drapeau tricolore roulé et tout couvertde poussière, témoigna l'intention de le placer à une fenêtrede la salle Saint-Jean, ce qu'il fit, sur un signe dassenti-ment de M. Baude. On conduit trop souvent les peuplesavec des signes et avec des mots. Mais voilà ce que tousles grands hommes du moment semblaient ignorer : se-condé par le vieux colonel Zimmer, son chef d'état-major,brave officier, mais qui avait moins de portée despritque de patriotisme et de zèle, M. de Lafayette laissaitflotter la politique aux mains des subalternes.

Un pair de France se hâtait, sur ces entrefaites, vers