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HISTOIRE DE DIX ANS.
« Nous réglerons ensuite les autres mesures qui seront« la conséquence du changement de règne.
« Je vous renouvelle, mon cousin, l'assurance des sen-« timents avec lesquels je suis votre affectionné cousin.
« Charles. »
Il était singulier que Charles X eût rédigé sous formede lettre l'acte important qui changeait l’ordre de suc-cessibilité à la couronne. Une pareille négligence étaitremarquable, surtout de la part d’un monarque obser-vateur scrupuleux des lois de l’étiquette. Mais les assu-rances de dévoùment contenues dans la lettre du ducd'Orléans avaient fermé l’esprit de Charles X à la dé-fiance. La manière môme dont l’acte d’abdication fut ré-digé en était une preuve solennelle. Le duc d’Orléans danscet acte était considéré comme le protecteur naturel del’enfance de Henri V, et on le laissait arbitre suprême detoutes les mesures que pouvait commander la fatalité descirconstances.
Quel parti allait prendre le lieutenant-général? Uneissue honorable était ouverte à ses désirs, quelque auda-cieux qu’ils puissent être, et son ambition était trop bour-geoise pour le pousser à d’héroïques ardeurs. En prenantsous sa tutelle la royauté d’un enfant, il conciliait avec lesjouissances du pouvoir ce respect du principe de légi-timité, qu'il n'était peut-être pas sans périls de vio-ler, et il s’assurait les bénéfices de la monarchie sansen ébranler les fondements. Voilà ce que pensèrenttout d'abord ceux qui croyaient lire dans l’àme duprince, et M. Sébastiani tint un langage conforme à cessentiments. D’autres étaient convaincus, comme Béran-ger, que c'était tout risquer que de ne pas précipiter les