Band 
Tome premier.
Seite
382
JPEG-Download
 

382

HISTOIRE DE DIX ANS.

« Nous réglerons ensuite les autres mesures qui seront« la conséquence du changement de règne.

« Je vous renouvelle, mon cousin, l'assurance des sen-« timents avec lesquels je suis votre affectionné cousin.

« Charles. »

Il était singulier que Charles X eût rédigé sous formede lettre l'acte important qui changeait lordre de suc-cessibilité à la couronne. Une pareille négligence étaitremarquable, surtout de la part dun monarque obser-vateur scrupuleux des lois de létiquette. Mais les assu-rances de dévoùment contenues dans la lettre du ducd'Orléans avaient fermé lesprit de Charles X à la dé-fiance. La manière môme dont lacte dabdication fut ré-digé en était une preuve solennelle. Le duc dOrléans danscet acte était considéré comme le protecteur naturel delenfance de Henri V, et on le laissait arbitre suprême detoutes les mesures que pouvait commander la fatalité descirconstances.

Quel parti allait prendre le lieutenant-général? Uneissue honorable était ouverte à ses désirs, quelque auda-cieux quils puissent être, et son ambition était trop bour-geoise pour le pousser à dhéroïques ardeurs. En prenantsous sa tutelle la royauté dun enfant, il conciliait avec lesjouissances du pouvoir ce respect du principe de légi-timité, qu'il n'était peut-être pas sans périls de vio-ler, et il sassurait les bénéfices de la monarchie sansen ébranler les fondements. Voilà ce que pensèrenttout d'abord ceux qui croyaient lire dans làme duprince, et M. Sébastiani tint un langage conforme à cessentiments. Dautres étaient convaincus, comme Béran-ger, que c'était tout risquer que de ne pas précipiter les