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HISTOIRE DE DIX AXS.
rivée, Charles X refusa de les recevoir. Il trouvait étrangequ’on lui envoyât quatre hommes pour le garder au mi-lieu de son armée. Il fit répondre aux commissaires queles usages de sa royale maison ne lui permettaient pas deleur donner audience à pareille heure, mais qu'il leur of-frait, pour la nuit, l'hospitalité du château.
Les commissaires retournèrent à Paris en toute hâte,et coururent rendre compte des résultats de leur voyage.Le duc d'Orléans , qui était au lit, alla lui-même leur ou-vrir, et les reçut sans s’être donné la peine de s’habiller.Les deux monarchies étaient ainsi mises en présence : àRambouillet , le respect de l’étiquette poussé jusqu’à latémérité ; au Palais-Royal , le mépris des formes pousséjusqu’à l’oubli des plus vulgaires convenances. Les com-missaires ne manquèrent pas de remarquer le contraste.Ce monarque en caleçon, qui était devant eux, leur parutplus digne que l’autre de commander à un grand peuple,en vertu d'un droit mystérieux. Faibles esprits qui, danscette religion de l’étiquette, n’avaient vu qu’une monar-chie qui s’écroule en un jour, tandis qu’ils auraient pu yvoir une monarchie qui se maintient durant plusieurssiècles ! Il faut à l’enfance des sociétés des grelots dontelle s'amuse et qui la puissent étourdir. Des puérilités tra-ditionnelles. voilà de quoi se compose la majesté des rois.Supprimer la sottise humaine, c’est supprimer les empiresqui durent.
Le rapport des commissaires trouva le lieutenant-géné-ral dans des dispositions bien différentes de celles qu’ilavait manifestées la veille à l’égard de sa famille. » Qu’il« parte, s’écriait-il avec véhémence ; il faut absolument« qu'il parte : il faut l'effrayer! » Mais, pour l'y con-