Band 
Tome premier.
Seite
388
JPEG-Download
 

388

HISTOIRE DE DIX AXS.

rivée, Charles X refusa de les recevoir. Il trouvait étrangequon lui envoyât quatre hommes pour le garder au mi-lieu de son armée. Il fit répondre aux commissaires queles usages de sa royale maison ne lui permettaient pas deleur donner audience à pareille heure, mais qu'il leur of-frait, pour la nuit, l'hospitalité du château.

Les commissaires retournèrent à Paris en toute hâte,et coururent rendre compte des résultats de leur voyage.Le duc d'Orléans , qui était au lit, alla lui-même leur ou-vrir, et les reçut sans sêtre donné la peine de shabiller.Les deux monarchies étaient ainsi mises en présence : àRambouillet , le respect de létiquette poussé jusquà latémérité ; au Palais-Royal , le mépris des formes pousséjusquà loubli des plus vulgaires convenances. Les com-missaires ne manquèrent pas de remarquer le contraste.Ce monarque en caleçon, qui était devant eux, leur parutplus digne que lautre de commander à un grand peuple,en vertu d'un droit mystérieux. Faibles esprits qui, danscette religion de létiquette, navaient vu quune monar-chie qui sécroule en un jour, tandis quils auraient pu yvoir une monarchie qui se maintient durant plusieurssiècles ! Il faut à lenfance des sociétés des grelots dontelle s'amuse et qui la puissent étourdir. Des puérilités tra-ditionnelles. voilà de quoi se compose la majesté des rois.Supprimer la sottise humaine, cest supprimer les empiresqui durent.

Le rapport des commissaires trouva le lieutenant-géné-ral dans des dispositions bien différentes de celles quilavait manifestées la veille à légard de sa famille. » Quil« parte, sécriait-il avec véhémence ; il faut absolument« qu'il parte : il faut l'effrayer! » Mais, pour l'y con-