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Tome premier.
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CHAPITRE VIII.

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dètre improvisé payeur-général. Les indemnités promisesfurent payées. Bientôt parut une voiture que surmontaitun petit drapeau tricolore sur lequel on avait écrit'enlettres noires : Diamants de la Couronne. Le signal futdonné alors, et on se remit en route.

C'était un épisode tout nouveau dans la vieille histoiredes fragiles grandeurs de ce monde, que le spectacle decette multitude bruyante et débraillée, sentassant à plaisirdans les magnifiques voitures du sacre attelées de huitchevaux, et se faisant reconduire avec des guides de soiepar les cochers de la Cour. Ces heureux ouvriers, que lamisère attendait au sein de leur famille, firent dans Paris une pompeuse et triomphale entrée, suivis de tout le ser-vice des écuries du Château. Cortège héroïque et gro-tesque, bien propre à faire réfléchir le philosophe, maisque la foule insouciante saluait au passage par des éclatsde rire, des refrains joyeux et des bravos !

Le peuple se rendit donc en équipage dans la cour duPalais-Royal. Ce fut quon mit pied à terre, et touscriaient, sous les fenêtres du prince : « Tenez ! voilà vos« voitures ! » Des sentinelles veillaient à chaque porte dupalais, ouvriers au visage noirci, aux bras nus. Les unsavaient des fusils, les autres des piques. La duchesse dOr­ léans était fort effrayée de ce spectacle qui rappelait lesscènes de la première révolution. Mais le duc sétait arméde courage, et le sourire ne cessa d'animer ses lèvres.Charles X fuyait avec sa famille laissant le trône vacant.Encore quelques vaines formalités à remplir, et le lieu-tenant-général devenait roi.