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Tome premier.
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CHAPITRE IX.

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liait régulièrement. Mais ce qui donnait à cette démonstra-tion une importance véritable, c'est quelle s'appuyait surl'adhésion, formellement promise, dun grand personnageque les républicains voulaient compromettre sans retour,et pousser au pouvoir à travers lémeute. Or, voici ce quiarriva. Dans la nuit du 4 au 5 aoùt,M. Charles Teste reçutla visite de M. Marchais, qui lui apportait une lettre parlaquelle le général Lafayette les mandait l'un et l'autre àlHôtel-de-Yille. Ils s'y rendent sans retard, et sont admisdans lappartement du général. Le jour commençait àpoindre, mais la clarté dune lampe mourante vacillaitencore dans la salle. Sur un lit recouvert de basin blanc,Lafayette était étendu les mains croisées sur sa poitrine etprofondément endormi. MM. Charles Teste et Marchaiss'assirent en silence au chevet du vieillard, et respectèrentlong-temps son sommeil. Mais Charles Teste avait trouvésinguliers les termes de la lettre de Lafayette, et il était im-patient d'une explication. Il lui posa légèrement la mainsur le front et le réveilla. « Ah ! vous voici, Messieurs,« dit Lafayette en ouvrant les yeux ; je vous mandais pour« vous dire que le projet convenu est impossible. Im-« possible ! sécria avec emportement Charles Teste, na-« ture loyale, mais ardente et soupçonneuse. Que« voulez-vous? reprit Lafayette, on est venu me conjurer« de ne pas livrer Paris aux hasards d'une révolution« nouvelle. Je l'ai promis, et sur lhonneur. Mais c'est« sur l'honneur aussi que vous nous avez promis de ne« pas laisser la révolution se perdre dans une intrigue,« répliqua Charles Teste, surpris et désespéré. » Il n'in-sista pas, et bientôt les républicains apprirent quils nedevaient plus compter sur Lafayette.