CHAPITRE IX.
423
sion fut nommée, ou, plutôt, se nomma elle-même. Lesprincipaux membres decette commission étaient MM. Mor-nand, Duplan, aujourd'hui conseiller à la cour de cassa-tion, etPrunelle, qui, plus tard, devait être maire de Lyon .
Ces choses se passaient le 30. Mais le parti de la résis-tance comptait beaucoup d'hommes énergiques qu'irritaitl'attitude incertaine et molle de la commission. Ils con-vinrent donc de se rassembler en armes, le lendemain31 juillet, sur le quai de Retz, à quelques pas de l'Hôtel-de-Yille, et de se nommer des chefs sur le terrain A sixheures, les premiers hommes armés parurent aux applau-dissements de la multitude.
La nouvelle d’une bataille livrée dans les rues de Paris circulait déjà confusément au milieu des groupes. Lesdiligences n'étaient point arrivées la veille. Le préfet et legénéral gardaient surles communications que leur pou-vait apporter le télégraphe, le plus morne silence. A huitheures, M. Morin, rédacteur en chef du journal libéral deLyon , accourut au quai de Retz. Il avait refusé de sesoumettre, ses presses avaient été saisies, et il venaitdemander secours aux insurgés. Quelques hommes armésfurent mis à sa disposition, et il fit paraître sa feuille,qui contenait une protestation vigoureuse contre lesordonnances.
Cependant, le nombre des citoyens prêts à combattregrossissait à chaque instant. Par malheur, les armesétaient rares. Des marchands regrattiers vendirent à desprix fabuleux des fusils rouilles, de vieux sabres sansfourreau Le commandement des insurgés fut déféré aucapitaine Zindel, homme de résolution et ardent patriote.D'autres officiers furent élus par acclamation. La foule