CHAPITRE IX.
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cret sur l’ensemble de la proposition, lorsque le vénérableLabbey de Pompières demande que les votants écriventleurs noms sur un registre. M. Bérard appuie la motion,mais beaucoup n’ont pas le courage d’un public aveu. Ledon de la couronne de France est voté comme un simplearticle du règlement.
Seul de tous les députés de l’opposition, M. de Corme-nin s'abstint de voter. Suivant lui, consulter le peupleétait indispensable, puisqu’on adoptait le principe de lasouveraineté du peuple. Il s’était donc rendu à la Chambrecomme spectateur, non comme législateur. Déjà, dans laséance du 30, il avait repoussé, par un noble scrupule,le titre de commissaire des travaux publics, que lui ap-portait un message de l’Hôtcl-de-Yille. Plus tard, il avaitrefusé son concours à la nomination d’un lieutenant-gé-néral. Maintenant, tandis que tous ses collègues, les unspar aveuglement, les autres par calcul, s'abandonnaientau flot des circonstances, immobile sur son banc, l’in-flexible logicien protestait une fois encore contre uneusurpation sans exemple.
Quelques jours après, il publia sa démission en cestermes : « Je n’ai pas reçu du peuple un mandat consti-« tuant, et je n'ai pas encore sa ratification. Placé entre« ces deux extrémités, je suis absolument sans pouvoir« pour faire un roi, une Charte, un serment. Je prie la« Chambre d'agréer ma démission. Puisse ma patrie être« toujours glorieuse et libre ! » Les carlistes poussèrentun cri de joie-,et, pour atténuer l’effet decette démission,quelques orléanistes répandirent le bruit que M. de Cor-menin était un carliste déguisé. Mais la calomnie devaitpasser : la protestation resta.