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Tome premier.
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445
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CHAPITRE IX.

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Cependant, un effroyable malaise commençait à s'in-troduire parmi les classes ouvrières. Ces hommes quiavaient crié Vive la Charte, et qui, pendant trois jours,sétaient si vaillamment battus pour elle, sétonnaient dusurcroît de douleur que leur apportait le triomphe. Encréant le 31 juillet une garde nationale mobile, et en arrê-tant que le soldat recevrait une solde de trente sous parjour, la commission municipale et Lafayette navaient puavoir en vue qu'une mesure provisoire, qui d'ailleurs restasans effet.

Grâce à des combinaisons habiles, à des promesses dé-cevantes, à quelques distributions d'argent faites à propos,on avait obtenu sans peine du peuple quil se laissât dis-perser et désarmer. On afficha ensuite une proclamationqui commençait par ces mots . « braves ouvriers, rentrezdans vos ateliers. » Les malheureux y rentrèrent, et nytrouvèrent plus douvrage.

Par une conséquence trop facile à prévoir, les capitauxse cachaient ; toutes les relations industrielles se trouvaientinterrompues : chaque coup de fusil tiré pendant les troisjours avait préparé une faillite. La banque de France ,quoique instituée pour parer aux grandes crises, mesuraitses escomptes sur ses craintes avec une prudence cruelle,et la sentinelle accoutumée veillait pour la protection deces caves toutes remplies dor, dans une ville toute rem-plie de pauvres.

Chaquejour ajoutait à la détresse du peuple, attestée pardes faits innombrables. De toutes les imprimeries dela capitale, la plus considérable employait, quand la ré-volution éclata, environ deux cents ouvriers, qui gagnaientrégulièrement par jour de quatre à six francs. Après la