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Tome premier.
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CHAPITRE X.

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courut au-devant de lui pour le recevoir, comme il eûtpu le faire en dautres temps, et après des adieux publics éclatait la fidélité au malheur.

On arriva ainsi à Saint- ., Charles X apprit quunefoule menaçante et armée, commandée par le généralHulot, lattendait à Carentan. Les gardes nationaux sou-levés nétaient guère quau nombre de 400, et navaientque deux canons hors détat de servir. Mais, comme onn'avait dautre but que deffrayer les fugitifs, on exagérale péril. Charles X crut la vie de son petit-fils menacée,et, fatigué de cette lutte dans la douleur, il s'abandonnatout entier.

Les commissaires qui avaient écrit au général Hulotpour presser son arrivée, lui écrivirent alors, par linter-médiaire du général Maison, pour presser son départ.Pour mieux calmer un mouvement qui nétait plus né-cessaire, M. de La Pommëraye prit les devants, et ses ex-hortations déterminèrent à une prompte retraite la plu-part des gardes nationaux rassemblés à Carentan. Legénéral Hulot partit lui-même de cette ville de grandmatin, il ne restait plus de ce soulèvement artificiel quuneagitation peu dangereuse. Le but se trouvait atteint : au-cune violence navait été commise, ce qui eût indignél'Europe , et cependant on avait assez effrayé Charles X pour le forcer à une fuite précipitée. Dès ce moment, eneffet, il se hâta vers son exil éternel.

Tout réussissait à ce duc dOrléans .

Le voyage de Cherbourg fut triste et solennel jusquaubout. Les deux princesses marchaient à pied les jours degai soleil. Leur mise était fort négligée, parce queles gensde leur service navaient pu emporter ni linge ni vête-