HISTOIRE DE DIX ANS.
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de ce navire sur les flots, lorsqu’ils le virent se retournertout-à-coup et reprendre avec vitesse la route du port .Etait-ce l'effet de quelque ordre violent donné par Charles X àl'équipage? On l’aurait pu craindre; mais tout avait étésoigneusement prévu : un brick, commandé par le capitaineThibault, avait reçu l’ordre d’escorter le Great-Britain, etde le couler bas pour peu que Charles X eût essayé d'agiren maître. Cette prévoyance inexorable ne fut pas justifiéepar l’événement. Le vaisseau ne revenait que pour cher-cher des provisions de bouche, oubliées dans ce désastrede plusieurs générations de rois.
Quand tout fut prêt pour le départ, le cri du comman-dement se fit entendre. C’était vers l’Angleterre queles Bourbons allaient voguer, en repassant peut-être parle sillon qu’avait jadis creusé dans l’océan le navire desStuarts vaincus. Le ciel n’annonçait pas la tempête : levent souffla dans les voiles, et le vaisseau disparut sur lamer.
FIN DU TOME PREMIER.