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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

ment déployé dans l’arrestation de la princesse, unerésolution extraordinaire 1 , et rien ne lui avait coûté,jusque-là qu’il était devenu l'instigateur d’un fourbe dontil épuisa la bassesse. Mais faire courir à sa prisonnière lesrisques d’une condamnation capitale, il n’y aurait jamaisconsenti. Déjà, et avant que la duchesse de Berri eût étéarrêtée, Deutz ayant écrit de Nantes : « Voulez-vous que« je vous livre M. deBourmont? >< M. Thiers avait repoussécette offre honteuse, pour éviter au gouvernement le soucide faire fusiller un maréchal de France. 2

1 Voici quels furent les premiers rapports de M. Thiers et de Deutz.

M. Thiers reçut un jour une lettre par laquelle un inconnu le priait de serendre, dans la soirée, aux Champs-Elysées, lui promettant des communi-cations de la plus haute importance. M. Thiers mande le chef de la police,lui montre la lettre et lui demande conseil. Celui-ci représenta au ministrequ’un pareil rendez-vous était trop bizarre pour ne pas cacher un piège, etqu’il fallait s’abstenir. Mais dominé par un instinct qui le poussait impérieu-sement à tenter l’aventure, M. Thiers ne tint aucun compte des représenta-tions provoquées par lui-même, et, l’heure du rendez-vous venue, il sedirigea vers les Champs-Élysées, des pistolets dans ses poches. Arrivé aulieu désigné, il aperçut un homme qui paraissait en proie à un troublemêlé de terreur. 11 s’approche, l’aborde : cet homme était Deutz. Là com-mencèrent les confidences dont un crime devait être le résultat. La nuitsuivante, et grâce à quelques mesures ordonnées par le chef de la police,Deutz était secrètement introduit au ministère de l’intérieur, a Vous allez« avoir une grande fortune i lui ditM. Thiers. A ces mots, le juif éprouvaune émotion si forte que ses jambes tremblèrent et que son visage s’altéraprofondément. Le marché delà trahison fut conclu sans peine.

2 Au reste, M. Thiers ne resta pas chargé long-temps, comme ministrede l’intérieur, des mesures à prendre relativement à la duchesse de Berri.11 existait entre lui et M. d’Argout, ministre du commerce et des travauxpublics, une mésintelligence profonde. Possédé par le goût des affaires,M. d’Argout avait ajouté à ses attributions la direction des communes etdes gardes nationales, ce qui faisait du ministère de l’intérieur ce qu’avaitété sous l’Empire, le ministère de la police. M. Thiers s’en plaignit : « Je« ne veux pas être, disait-il, le Fouché de ce régime. » Après de longs