CHAPITRE I.
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loin des parages de Blave. Ce plan portait l’empreinted'une défiance dont les ministres n’avaient que trop mé-rité l'injure. Le général Bugeaud parut néanmoins disposéà l’adopter ; il répondit à M. Deneux qu'il allait rédiger despropositions qui seraient mises sous les yeux de la du-chesse de Berri et des ministres. Et il ajouta que si, lesconditions une fois acceptées, le gouvernement s'avisait demanquer à sa parole, il s'emparerait, lui Bugeaud , de lacorvette la Capricieuse, et conduirait Madame en Sicile desa pleine autorité.
Si la duchesse de Berri avait pu croire un instant à lasincérité des promesses de ses ennemis, elle aurait cédépeut-être; mais elle était convaincue que c’était en pureperte qu’elle autoriserait une constatation dont l'outra-geante sollennité était si propre, d’ailleurs, à la remplird’effroi. Une conversation qu’elle eut sur ce point avecM. Deneux donnera une idée des tourmentsauxquels étaiten proie cette malheureuse femme. « J'aime mieux, disait-« elle à son médecin, accoucher à Blayeque consentir à la« constatation qu’on me demande. Si je fais constater« mon état, on ne manquera pas de publier le résultat« dans les journaux, et je resterai ici, tandis que la décla-« ration faite au moment de l’accouchement ne sera pas« rendue publique. — Oh! pour cela, j'ose affirmer que« Madame se trompe. — Comment ! Monsieur Deneux,« vous croyez que les ministres oseraient la publier? —« Je ne le mets pas en doute, Madame. — Mais ce serait« une infamie qui n’aurait pas de nom. — Ils le feront,« Madame, soyez-en sûre. — Eh bien, s’ils le font, je di-« vulguerai ce qui devait rester caché, je dirai le nom de« mon époux ; mais, comme les lois françaises m’v obligent