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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

« pour légitimer mon enfant, l'odieux de cette révélation« retombera tout entier sur mes ennemis; tandis que, si« je faisais constater ma grossesse, c'est moi seule qu'on« accuserait, et l'on ne manquerait pas de dire que j'ai« voulu obtenir ma liberté avant d'accoucher, l’obtenir à« tout prix, parce que mon enfant n’était pas légitime. «

Ces considérations la décidèrent, et elle écrivit au gé-néral Bugeaudpour lui annoncer son refus *.

Peu de temps après, une dépêche télégraphique mandaitM. Ménière à Paris . Là, ce médecin fut appelé dans lasalle du Conseil , et il rendit compte devant les ministresassemblés de tout ce qu’il savait sur l’état des choses àBlaye . D'après ces renseignements, il fut décidé d’unemanière définitive qu’on ferait accoucher la princesse danssa prison. Le roi désira ensuite entretenir M. Ménière enparticulier. Il se montra péniblement affecté de la rigueurdéployée contre une nièce de sa femme, et se représentacomme la victime des nécessités du régime constitution-

1 Voici sa lettre :

« Je ne puis que vous savoir gré, général, des motifs qui vous ont dicté

* les propositions que vous m’avez soumises. A la première lecture, je« m’étais décidée à répondre négativement. En y réfléchissant, je n’ai point« changé d’idée. Je ne ferai décidément aucune demande au gouvernement.« S’il croit devoir mettre des conditions à ma liberté, si nécessaire à ma« santé, tont-à-fait détruite, qu’il me les fasse connaître par écrit. Si« elles sont compatibles avec ma dignité, je jugerai si je puis les accepter.

* En toute occurence, je ne puis oublier, général, que vous avez en toute« occasion su allier le respect et les égards dus à l’in fortune aux devoirs

* qui vous étaient imposés. J’aime à vous en témoigner ma reeon-« naissance.

« Marie-Caroline. *

Quelques jours après, la duchesse de Berri ayant communiqué cettelettre à M. Deneux, et celui-ci en témoignant sa surprise, la princesse luidit : « 11 faut savoir caresser le lion pour n’en être pas griffé. »